Accueil Conseil de Paris Conseil de février 2015 Sortir de l’impasse industrielle et stratégique du diesel

Sortir de l’impasse industrielle et stratégique du diesel

Intervention d'Anne Souyris relative au plan de lutte contre la pollution

Madame la Maire, Mes chers collègues,

Nous le savons et nous l’avons dit et répété : la lutte contre la pollution de l'air est un enjeu de santé publique majeur, partout en France, et plus particulièrement dans les grandes métropoles. A Paris, où cohabitent 2 millions de résidents et plusieurs millions de visiteurs, et où, chaque jour, 28 millions de déplacements quotidiens se font, cette lutte contre la pollution revêt même un caractère d’urgence.

En Ile-de-France, AirParif estime que 3 millions de personnes sont exposées à des niveaux de pollution dangereux, principalement le long du trafic et dans le cœur de notre agglomération.

Cette situation catastrophique est le résultat de politiques qui, pendant des années, ont mis au cœur de notre modèle de développement la voiture individuelle.

Pire, ces mêmes politiques ont favorisé par des incitations fiscales les motorisations diesel. Ces choix ont non seulement enfermé les fabricants français dans une impasse industrielle et stratégique, mais elles ont surtout considérablement augmenté la concentration de microparticules dans l’air, responsables à Paris d’une baisse moyenne de neuf mois d’espérance de vie ! Nous payons aujourd’hui les conséquences dramatiques de ces politiques, dans le domaine des transports, bien entendu, mais aussi dans celui de l’organisation de la ville.

Nous le savons, sortir de ce modèle est difficile. Les blocages sont nombreux, culturels, politiques mais aussi financiers, avec le poids des lobbys qui tous, nous racontent que changer nous coûterait cher. Et pourtant, nous n’avons plus le choix. Il nous faut inventer une nouvelle vile, une ville de la qualité de vie préservée, une ville moins polluée.

En réduisant progressivement l’accès des véhicules les plus polluants, le plan antipollution qui est aujourd’hui présenté au conseil est une étape majeure vers cette ville à laquelle nous aspirons.

Est-il encore besoin de rappeler qu’à Paris et en Ile-de-France, les sources de pollution atmosphérique proviennent essentiellement du trafic routier à l’origine des concentrations de dioxyde d’azote et de particules en suspension ?

Le parc automobile est l’un des principaux émetteurs de particules fines qui se concentrent surtout dans le cœur de l’agglomération parisienne. Cette démarche, bien entendu, doit être accompagnée, et c’est, nous le pensons, une qualité de ce plan que de penser la transition pour ne pénaliser ni les usagers ni les professionnels. La gratuité des transports publics et d’Autolib pour les parisiennes et les parisiens qui abandonnent leur voiture, ou encore l’aide proposée aux professionnels pour l’achat de véhicule plus propres vont dans ce sens.

Parallèlement, il faut organiser de manière encore plus volontariste la circulation. C’est d’ailleurs cet objectif qui a présidé à la décision de diminuer la vitesse dans plusieurs quartiers de Paris pour aller jusqu’à la généralisation du 30 km/h hors grands axes circulés.

La création notamment de zones à basses émissions et le développement des zones Paris Respire vont dans le même sens : Celui de réduire durablement la pollution de fond.

Enfin, ce plan s’inscrit dans une démarche globale, entamée depuis déjà de nombreuses années par la Ville. Il ne peut être en effet compris sans prendre en compte l’amélioration de l’offre de transport en commun, amélioration qui va d’ailleurs s’accentuer sous cette mandature, avec les projets d’aménagement des quais hauts de Seine et de la rocade des gares.

A cet investissement dans l’amélioration de l’offre de transports en commun d’ajoute le développement de mode de circulations douces.

Il faut continuer à installer des pistes cyclables, offrir des espaces sécurisés pour garer les vélos, développer du matériel à assistance électrique dans le parc Vélib’.

100 millions d’euros sont prévus pour le plan vélo dans le plan d’investissement de la mandature. Cette somme, comme les 150 prévues pour le développement de nouveaux transports en communs, sont autant d’investissements pour lutter contre la pollution de l’air et améliorer notre qualité de vie.

Je vous remercie, et laisserai David Belliard compléter mon propos.

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