Accueil Conseil de Paris Conseil de février 2015 Paris ne doit plus être synonyme de maladies respiratoires pour les enfants

Paris ne doit plus être synonyme de maladies respiratoires pour les enfants

Intervention de David Belliard relative au plan de lutte contre la pollution

Le plan de lutte contre la pollution qui nous est présenté est, comme l’a rappelé Anne Souyris, une étape importante, voire essentielle pour que Paris ne soit plus synonyme d’asthme et de toutes ces maladies corrélées à la pollution de l’air, notamment pour les enfants.

Mais pour qu’il soit efficace, la prévention des pics de pollutions doit être nettement plus prise au sérieux. Ainsi estimons nous qu’à ce plan de lutte contre la pollution doit impérativement s’adosser un renforcement des mesures d’urgence lors de pics de pollution afin d’en limiter l’impact sanitaire.

C’est l’objet de notre vœu que nous présentons aujourd’hui. L’arrêté inter-préfectoral du 7 juillet 2014 définit les conditions d'information et d'alerte en cas d'épisode de pollution atmosphérique ainsi que les mesures à mettre en œuvre dans cette situation et l’arrêté inter préfectoral du 27 octobre 2011 incite les poids lourds de plus de 3,5 tonnes en transit dans la région Ile-de-France à contourner l’agglomération parisienne en empruntant la Francilienne.

Ces mesures sont mises en place bien trop tardivement sans que les autorités préfectorales ne consultent la Ville de Paris. Il est primordial, et c’est ce que demande notre vœu que TOUTES les mesures d’urgence prévues par arrêtés préfectoraux dont le contournement de l’agglomération parisienne par les poids lourds de plus de 3,5 tonnes en transit, ainsi que la réduction de la vitesse maximale autorisée sur certaines voies, la restriction de la circulation de transit poids lourds, la circulation alternée, la gratuité des transports en commun de voyageurs, puissent être déclenchées dès que le seuil d'information d'un des quatre polluants est atteint. Par ailleurs, dans l’esprit du plan antipollution, il nous apparaît essentiel que dès le dépassement du seuil d’information, et pendant la durée de l’épisode de pollution, il faille élargir les restrictions de circulation aux véhicules les plus polluants, suivant la classification des véhicules et le calendrier adopté dans le plan de lutte contre la pollution dont nous débattons aujourd’hui.

Je ne peux évoquer le plan de lutte contre la pollution sans vous parler de la délibération que nous sommes appelés ici à voter la subvention annuelle de 424.501 euros à AIRPARIF. Association dont le but est la surveillance de la qualité de l'air en ile de France.

Si nous pouvons nous féliciter que notre assemblée vote une subvention stable depuis plusieurs années, il n'en est pas de même pour tous les contributeurs et non des moindres. En effet fin janvier, le ministère a annoncé, brutalement, une baisse de 15%, c'est à dire de 277 000 Euros, des montants des subventions allouées à Airparif.

Cette annonce intervient dans une période où Airparif doit faire face à un désengagement de certaines collectivités (Hauts de Seine et Seine et Marne ont réduit leur contribution à 0) et à des incertitudes sur l’implication future du Grand Paris.

Si nous voulons faire de la qualité de l'air une priorité nationale, les actes doivent se joindre aux déclarations. En cette année de cop 21, c’est le moment où jamais.

Il s’agit enfin de penser la question de l’articulation du plan antipollution avec les communes avoisinantes.

La pollution ne s’arrête pas au périphérique, et nous devons entendre et intégrer les contraintes de celles et ceux qui n’habitent pas Paris mais qui y travaillent, y transitent et y viennent profiter la Ville.

L’aménagement d’axe de circulation pour les vélos qui traversent le périphérique, ou encore l’aménagement d’axes de transports comme le tramway en cohérence avec les besoins de l’ensemble de la population métropolitaine doit s’accentuer. A ce titre, le travail de concertation au sein de la future métropole et de la Région doit s’approfondir.

Si nous sommes satisfaits que Paris donne l’impulsion, ce mouvement ne pourra être bénéfique que si l’ensemble des acteurs concernés sont parties prenants de cette démarche.

De la même manière, nous devons penser la question du périphérique, dont l’usage a cette particularité d’être gratuit.

Avec une conséquence douloureuse en terme de pollution de l’air : Aujourd’hui, les autoroutes franciliennes et le périphérique non payant sont empruntés en grande partie par du trafic national ou international de transit, avec leur cortège de nuisances.

Cette distorsion de traitement selon les axes empruntés incitent naturellement les acteurs les plus polluants à chercher l’optimisation de leurs coûts, au détriment de la qualité de l’air et, plus généralement, de la santé des habitantes et des habitants de Paris et de sa proche couronne. Car comme l’a rappelé Anne Souyris, celles et ceux qui souffrent de la pollution avant tout, ce sont d’abord les 100 000 riverains du périphérique qui subissent bruit et pollution. Comble de l’ironie, ce sont aussi leurs impôts qui entretiennent le périphérique. Et c’est loin d’être marginal : près de 90 millions ont été consacré à son entretien sur la précédente mandature !

Pour éviter ces comportements opportunistes, nous voulons que l’usage des autoroutes franciliennes et du périphérique devienne  payant pour le trafic des poids lourds.

C’est en ce sens que nous avions posé une question orale en automne dernier, mais également toute la signification de la démarche des écologistes soutenue par la région en faveur d’une « écotaxe régionale ».

Les ressources ainsi dégagées serviraient à financer le développement des transports collectifs et des mesures d’accompagnement pour aider tous les franciliens, professionnels ou non à bénéficier de moyens de transport moins dégradants pour notre environnement et notre santé.

Nous souhaitons que cette démarche, défendue par la Région, soit aussi soutenue par Paris.

Ainsi, Madame la maire, nous applaudissons des deux mains ce plan que vous nous présentez aujourd’hui avec Christophe Najdovski. Mais parce que nous sommes écologistes sans doute, donc particulièrement soucieux des écosystèmes et surtout de l’efficacité au long court, nous serons, n’en doutez pas, un soutien efficace pour qu’une seconde phase voit le jour à Paris, dans le cadre nous l’espérons de loi plus propices et dans une perspective métropolitaine et régionale de cette lutte.

Je vous remercie.

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