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Publicité lors de la Coupe du Monde de Football

 

Intervention relative à la convention entre Havas et la Ville de Paris pour l’organisation de la demi-finale de la coupe du Monde de football

Mes chers collègues, la diffusion sur écran géant de la demi-finale de la Coupe du Monde sur le parvis de l’Hôtel de Ville a été l’occasion pour notre ville de, je cite, "concourir à l’enthousiasme citoyen ou encore d’offrir l’opportunité de promouvoir le sport, d’affirmer l’image d’une capitale sportive, ce qui participe à son rayonnement mondiale à l’approche des Jeux Olympiques de 2024".

C’est sous ce prétexte que l’on nous demande aujourd’hui d’entériner ce que nous pouvons qualifier de bradage de l’espace public en approuvant la mise à disposition d’espaces de la Ville de Paris, le parvis de notre Hôtel de Ville, au profit de la société Havas.

Ainsi, Havas a pu encore, je cite, "bénéficier de la mise à disposition d’espaces pour permettre la présence de ses partenaires sur les bannières déployées à cette occasion pour présenter l’événement". Ainsi, le géant de l’industrie du soda américain, dont nous avons parlé précédemment, premier dans les championnats du monde de diabète surtout et de l’augmentation de l’obésité, a pu déployer ses couleurs aux fenêtres de l’Hôtel de Ville. En d’autres termes, nous avons réussi à sortir Coca Cola de Paris-Plage mais nous le réinvitons au cœur même de notre ville, là sous les fenêtres de ce magnifique bâtiment.

Alors on se félicite d’un travail supplémentaire fait par les agents de la Ville. Nous avions demandé dans notre groupe la mise en place de fan zones écoresponsables zéro déchet exempte de plastique. Or, ce sont bien les bouteilles et les gobelets de Coca Cola qui jonchaient le sol. Ce sont aussi les emballages de toutes ces marques de grande distribution que nous, élus et citoyens, sommes allés ramasser pendant le Word CleanUp Day. C’est le modèle : toujours plus de PIB, toujours plus de consommation, toujours plus de déchets. Et c’est ce modèle que nous dénonçons.

Encore une fois, avec cette délibération, notre Ville accepte des publicités qui sont invasives et soutient des compagnies qui ne concourent en rien à l’encouragement de la pratique sportive ou à un quelconque rayonnement mondial à l’approche des JO. Ces fanions se sont ajoutés aux plus de 500 à 3.000 messages publicitaires que nous subissons chaque jour. Cette publicité intempestive et sournoise ne fait qu’encourager des désirs superflus qui nous font miroiter le bonheur par la seule consommation. Sur le fond, cette publicité ne prône que la surconsommation, l’individualisme, l’immédiateté, l’apparence ou encore le gaspillage.

Ensuite, pour revenir sur le fond, Havas est reconnu pour son lobbying et promiscuité auprès des pouvoirs politiques. Même si cela est passé inaperçu pendant cet été, "Le Canard enchaîné" a quand même relevé que Muriel PÉNICAUD est de nouveau soupçonnée de favoritisme à l’égard de la société Havas sur un contrat de plus de 13 millions d’euros, à l’époque où elle dirigeait Business France.

Et surtout que dire de la redevance très basse demandée par la Ville ? 37.000 euros payés par Havas pour 10 heures d’occupation du parvis de l’Hôtel de Ville alors que leur chiffre d’affaires s’élève bien sûr au global à 97 millions d’euros pour 2017 et aussi revendu à Coca Cola qui se porte mieux avec un chiffre d’affaires de 46 milliards d’euros pour l’ensemble de son activité de 2014. Autant dire qu’ici on peut parler avec ces 37.000 euros de véritable bradage de l’espace public à des mastodontes qui pourtant ont un chiffre d’affaires et des bénéfices considérables.

Pour toutes ces raisons, mes chers collègues, notre groupe votera bien entendu contre cette délibération.

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