Accueil Conseil de Paris Conseil de novembre 2017 Plan Déchets (PLPDMA)

Plan Déchets (PLPDMA)

Intervention d'Yves Contassot relative au Programme Local de Prévention des Déchets Ménagers et Assimilés

 

 

En décembre 2007, vous l’avez rappelé, le Conseil de Paris votait à l’unanimité son premier plan de réduction des déchets. Les objectifs étaient nets : inverser la courbe de production des déchets en augmentation constante depuis des années. Dès 2010, les objectifs étaient atteints et depuis cela se poursuit.

Ainsi nous constatons une baisse de 7 % de la production moyenne de déchets par habitant entre 2010 et 2015, soit 53.000 tonnes de déchets non produits. Par ailleurs, cette année comme les années précédentes, la quantité de déchets diminue, le recyclage augmente de plus de 10 %, quand l’incinération et l’enfouissement poursuivent leur décrue.

Cela dit, les efforts doivent s’amplifier et se poursuivre car une réalité demeure : 75 % du contenu de nos poubelles vertes pourraient être mieux traités, si j’ose dire. En effet, près de la moitié de la poubelle est constituée de déchets recyclables, emballages et papiers, près du quart sont des déchets alimentaires, et il demeure une part notable de déchets potentiellement réemployables et valorisables.

Des efforts doivent donc s’amplifier sur les trois piliers principaux d’une politique de prévention et de gestion des déchets, politique qui participe à la lutte contre le dérèglement climatique : réduire les déchets tout d’abord, réemployer et enfin recycler et valoriser.

Dans ce triptyque, la réduction des déchets est prioritaire. Elle permet d’éviter à la fois les gaspillages intervenant en amont (phases de production et de consommation) et les pollutions causées en aval (phase de traitement en tant que déchets, notamment par la mise en décharge ou l’incinération).

Pour reprendre une phrase souvent citée : le meilleur déchet est celui qu’on ne produit pas. C’est toute la philosophie de ce nouveau plan de prévention des déchets que nous allons adopter à l’unanimité à nouveau, je l’espère, plan qui comprend de nombreuses actions. Ce sont des actions axées sur la lutte contre le gaspillage alimentaire, la gestion des biodéchets en proximité via le compostage, le soutien aux acteurs du réemploi et de la réparation, la sensibilisation des Parisiennes et Parisiens à la réduction des déchets, etc. Je ne peux pas toutes les citer.

C’est dans ce cadre que nous avons souhaité amener des propositions supplémentaires afin de renforcer cette stratégie. Ainsi l’interdiction des bouteilles en plastique nous semblait aller de soi, qu’il s’agisse de lutter contre l’absurdité de la consommation d’eau en bouteille ou de l’impact écologique de ces contenants. Nous pensions que la Ville accepterait a minima d’interdire leur usage lors des événements qu’elle organise ou qu’elle autorise. Nous espérons que cela pourra se faire.

Dans l’optique par ailleurs de la mise en place d’une tarification incitative au plus tard en 2025, comme la loi le prévoit, il nous apparaît absolument fondamental de s’outiller pour avoir des chiffres et un état clair de la situation. C’est la raison pour laquelle nous demandons qu’un dispositif de pesée embarquée soit mis en place et inscrit dans le cahier des charges du nouveau marché de collecte.

Les modalités d’une montée en charge progressive peuvent et doivent être débattues évidemment. Mais ne pas le faire, c’est prendre le risque d’une impasse dans quelques années. Or la taxe actuelle d’enlèvement des ordures ménagères repose sur la valeur cadastrale locative, ce qui en fait une taxe particulièrement injuste puisque corrélée à la taxe d’habitation.

En revanche, nous nous félicitons du retour envisagé du principe de consigne qui n’avait pas résisté à la multiplication des emballages en plastique à usage unique.

Il en va de même pour notre proposition de soutenir et de solidifier les filières du réemploi et de la réparation par la création d’un syndicat intercommunal. La discussion se poursuit mais une première étape est franchie avec ce vœu de l’Exécutif.

En ce qui concerne le soutien à l’activité des biffins, nous la trouvons certes encore trop timide mais il faut avancer.

Je conclus sur le fait que la prévention des déchets permet non seulement de préserver les ressources, de ralentir le changement climatique, mais elle recèle un potentiel économique énorme : les emplois induits, les industries et les commerces créés sont par nature non délocalisables et nécessitent une main-d’œuvre bien plus importante que la gestion conventionnelle des déchets. Les efforts doivent être salués et poursuivis.

Je vous remercie.

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