Accueil Conseil de Paris Conseil de décembre 2015 Vœu relatif à la création d’une monnaie complémentaire parisienne

Vœu relatif à la création d’une monnaie complémentaire parisienne

Une loi récente ayant instauré un cadre légal sécurisant les différentes expériences de mise en circulation de monnaies complémentaires et plusieurs collectivités ayant depuis longtemps développé des monnaies complémentaires (de compte ou locales) afin de mieux résister à la crise que nous connaissons, les éluEs écologistes demandent que la Mairie de Paris lance une mission de préfiguration en vue de la création d’une monnaie complémentaire de compte au niveau parisien destinée aux partenaires avec lesquels la Ville contracte.

Le vœu a été adopté.

 

 

Vœu relatif à la création d’une monnaie complémentaire parisienne

 

déposé par Jérôme Gleizes, David Belliard et les élu-es du groupe écologiste de Paris

 

Considérant qu’une économie mondiale est en fait un réseau dans lequel circulent des monnaies officielles.

Considérant  que le niveau de diversité qui y prévaut est très faible ce qui favorise les échanges entre les citoyens au sein d’un même espace national, mais qui - avec la dérégulation et le volume des échanges financiers internationaux qui ont explosé – rend le système aussi très fragile.

Considérant qu’il y a eu 96 crises bancaires et 176 crises monétaires au cours des 25 dernières années dans le monde.

Considérant que les solutions conventionnelles telles que baisser les taux d’intérêt, renflouer les banques ne suffiront pas, car ce défi monétaire coïncide avec d’autres défis planétaires comme le dérèglement climatique, les effets économiques du vieillissement des populations, les mutations technologiques qui impactent les créations d’emplois, etc.

Considérant que l’argent n’est pas un instrument d’échange neutre n’affectant ni le type des transactions, ni les types d’investissements, ni les relations entre les utilisateurs et qu’il peut donc être une source de déséquilibre mais aussi un outil pour favoriser la résilience des acteurs économiques d’un territoire.

Considérant que la loi n°2014-344 du 17 mars 2014 relative à la consommation instaure un cadre légal sécurisant les différentes expériences de mise en circulation de monnaies complémentaires.

Considérant que les collectivités sont un échelon efficace pour développer des innovations monétaires car elles ont une bonne connaissance des attentes au niveau local.

Considérant que des modèles de développement concrets via des monnaies complémentaires fonctionnent déjà. A titre d’exemple, le WIR est une monnaie complémentaire dite de compte lancée par des entrepreneurs suisses à Zurich dans les années 1930. Essuyant des refus de la part des organismes bancaires, des entrepreneurs se sont alors organisés de façon à pouvoir continuer à faire des transactions directement entre eux. Les uns, ceux qui achètent, comptabilisent des débits envers les autres, ceux qui vendent. À l’inverse, ces derniers bénéficient de crédits envers les premiers. Ces débits et ces crédits sont exprimés dans une monnaie commune. Ce système monétaire qui existe depuis 1934 est aujourd’hui utilisé par un quart des entreprises suisses ainsi que des collectivités.  Les échanges libellés en WIR représentent près de 2 milliards d’euros par an.

Considérant les collectivités qui se sont dotées d'une politique de monnaie complémentaire : Région Rhône-Alpes, les villes de Toulouse, Boulogne, Nantes, le département d’Ile et Vilaine, ...

 

 

Aussi, sur proposition de Jérôme Gleizes, David Belliard et les élu-es du groupe écologiste de Paris, le Conseil de Paris émet le vœu que :

que la Ville de Paris, dans le cadre de sa politique d’économie sociale et solidaire et en lien avec l’adjoint aux finances, lance au premier semestre 2016 une mission de préfiguration sur la question de la création d’une monnaie complémentaire de compte au niveau parisien destinée aux partenaires avec lesquels la Ville contracte (associations, entreprises, collectifs, etc)

 

et que les groupes politiques intéressés par cette question puisse être associé à cette réflexion, qui fera l’objet dans le courant de l’année 2016 d’une présentation en 1ere commission ;

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