Accueil Conseil de Paris Conseil d'avril 2015 Relever le défi d’un accueil de qualité de tous les enfants

Relever le défi d’un accueil de qualité de tous les enfants

Intervention d'Aurélie Solans relative à la création de 5.000 places pour l'accueil collectif de la petite enfance à Paris

 

Madame La maire, mes chers collègues,

 

Nous nous sommes fixé un objectif ambitieux de mandature: la création de 5000 places en accueil collectif pour les enfants de moins de trois ans.

Notre objectif est à la hauteur de l’enjeu : sortir de la gestion de la pénurie, permettre à toutes les familles de bénéficier pour leur tout-petits d’une place en crèche.

La création d’un comité de suivi pluraliste du programme de création des 5000 places pour l’accueil collectif de la petite enfance que nous propose la présente délibération est donc une très bonne chose. Ce comité apportera nous le souhaitons de la transparence et viendra poser des jalons tout au long de la mandature vers l’atteinte de notre objectif.

Notre ville doit permettre à chaque enfant d'accéder à un accueil de haute qualité, , à chaque famille d’avoir des réponses adaptées à ses besoins.

Notre participation au suivi de notre objectif reposera sur trois grands points de vigilance :

Tout d’abord, il est impératif bien évidemment de construire en  priorité dans les quartiers déficitaires, en particulier dans les quartiers populaires du nord-est parisien.

Nos exigences sont bien sur quantitatives et aussi qualitative : construction, moyens de fonctionnement, projet d’établissement, doivent être au rendez-vous des enjeux pour les familles.

Les choix dans la gestion des établissements seront sur ce plan des éléments de première importance, la gestion municipale ou des associations à but non lucratif devant pour nous sur chaque projet être étudié de près. (Et pour ces associations, les fondamentaux du service public doivent être respecté : Laïcité, égalité et non discriminations)

Les délégations de services publiques attireront particulièrement notre attention, ainsi que les entreprises de crèches dont le caractère lucratif  n’apporte pas de façon concluante une « plus value »  par rapport à au secteur associatif porteur des valeurs de l’économie sociale et solidaire.

Le protocole-cadre avec l’ap-hp retiendra aussi notre attention au regard du potentiel de développement de places en crèches pour les parisiens, et aussi au regard des besoins très spécifiques du personnel hospitalier pour lequel nous devons veiller à ce que l’offre de service soit adaptée.

La diversité des modes d’accueil, fruit de l’histoire du secteur de la petite enfance, est à préserver, avec pragmatisme. De ce point de vue, les initiatives citoyennes de création de structures pourraient être encouragées et mieux accompagnées, je pense là aux crèches à gestion parentale sur lesquelles il conviendrait de se pencher.

J’en arrive à mon deuxième point de vigilance : une solution de garde choisie pour toutes les familles.

Pour réduire les inégalités et permettre à toutes les familles de choisir la solution de garde qui leur convient, il faut faciliter l’accès aux différents modes d’accueil pour toutes et tous. Les structures ont un rôle à jouer pour renforcer l'inclusion dès le plus jeune âge et lutter contre la pauvreté et les exclusions.

Faciliter l'accès aux crèches cela doit passer par des mesures concrètes lors de la demande  et lors de l'attribution. Cela passe par une prise en compte fine de cet enjeu de visibilité dans les constructions : où dans un quartier, quelle architecture, quel ancrage dans l’environnement ?

La fréquentation des structures par tous les enfants est un droit reconnu par la Convention Internationale des Droits de l'Enfant. Certaines familles, particulièrement les plus démunies, ne trouvent pas le chemin à cause de multiples obstacles (financiers, organisationnels, géographiques et culturels). Nous devons prendre conscience que prendre en compte uniquement les parents qui en font la demande n'est pas suffisants pour les rendre accessible à tous.

L'accessibilité, c'est aussi penser à ceux qui n'expriment pas de demande.

Notre panel d’offre doit s’architecturer en fonction des besoins, des freins à l’accès de toutes les populations.

En complémentarité des crèches et du dispositif des « très petites sections » en maternelle, nous devons aussi favoriser des lieux passerelles (jardins d'enfants, haltes garderies)  pour que chaque famille puisse avoir fait le choix d’un passage en accueil collectif avant l’école.

Et nous devons travailler à la complémentarité avec l’offre d’assistantes maternelles : développer les relais d’assistantes maternelles (pour un véritable maillage du territoire)- Et n’oublions pas  les crèches familiales qui offrent un cadre collectif régulier en complément d’un accueil par une assistante maternelle à son domicile. Ces crèches familiales, si elles ne sont pas « plébiscitées », apportent pour certaines situations des réponses adaptées, pertinentes et personnalisées.

 

Cela m’amène à  passer à notre troisième et dernier grand point de vigilance : relever le défi d'un accueil de qualité de tous les enfants

 

La qualité de l'accueil dans nos établissements de tous les enfants, dans leur diversité, doit être une priorité.

Les moyens doivent être au rendez-vous pour répondre aux besoins spécifiques, notamment ceux des enfants porteurs de handicaps ou de pathologies chroniques.

Notre objectif de milliers de places en accueil collectif doit garder le cap d’un accueil de qualité inclusif :

Il faut poursuivre l’ouverture de places spécifiques pour les enfants porteurs de handicap ou de pathologies chroniques.

De façon générale, nos structures doivent offrir de bonnes conditions d’accueil, tant du point de vue du personnel, que de l’architecture, avec des projets à haute qualité éducative et approches pédagogiques adaptées. Je pense par exemple aux enjeux  du développement du langage, ou encore de l’égalité filles-garçon.

Il faut soutenir les équipes de professionnel-le-s formées pour qu'elles puissent continuer à enrichir le contenu éducatif des activités proposées aux enfants, étant entendu que "les bébés ne sont pas des élèves".

Parallèlement, il faut davantage associer les parents à la vie des crèches, accompagner les familles grâce à une écoute bienveillante de professionnel-le-s.

Sur ce point, j’insiste sur les moyens alloués en terme de personnel qui est un préalable. Accueillir les familles dans leur diversité exige des équipes disponibles pour construire la confiance indispensable, en particulier avec les familles les plus précarisées ou les familles de migrants qui ont d’autant plus besoin de créer du lien.

Les constructions des établissement doivent pour répondre à ces objectifs de qualité être exemplaires, au niveau écologique, avec matériaux non toxiques, avec des architectures innovantes travaillés avec les équipes et les usagers vers des approches pédagogiques qui font place aux parents, permettent des réponses adaptés aux besoins du jeune enfant, une ergonomie respectueuses des professionnelles, favorisent l’ouverture vers l’extérieur et donnent une visibilité à ces établissement dans les quartiers.

 

Pour conclure, la petite enfance doit être la première marche du système éducatif.

Avec largement plus de la moitié d'une classe d'âge en crèche à l'horizon 2020,  notre collectivité parisienne abonde considérablement à la construction du service public de la petite enfance que nous appelons de nos vœux.

Créer 5000 nouvelles places en crèche, renforcer les moyens des structures existantes,  faciliter les inscriptions et rendre plus transparentes les attributions, objectif de qualité éducative, autant de nécessités pour réduire les inégalités et permettre à chaque famille de trouver son équilibre. Accueil adapté aux handicaps, respect de la diversité, soutien à la parentalité, beaucoup reste à faire dans nos quartiers. Nos crèches doivent devenir, nous l’avions souligné le mois dernier dans le débat sur le contrat de ville, des « armes » dans la lutte contre les inégalités.

Le groupe écologiste de paris sera donc parti prenante de ce comite de suivi. Nos points de vigilances seront importants pour que les objectifs quantitatifs soient tenu, avec toujours de façon indissociable la qualité de l’accueil et l’ouverture réelle à toutes et tous.

 

Je vous remercie.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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