Les méfaits du crack sont terribles et plus particulièrement connus par les habitantes et habitants du nord-est parisien, où se concentrent les publics de consommateurs et de vendeurs, notamment autour de la tristement célèbre « colline du crack » dans le 18e arrondissement ou encore dans le quartier Stalingrad dans le 19e arrondissement.
Ce phénomène n’étant pas nouveau cela fait plus de 25 ans que les habitants de ses quartiers voient ces scènes de consommation à ciel ouvert faire des allers et retours.
Or l’expérience nous a prouvé que la stratégie strictement policière visant à simplement disperser ces publics précaires d’un quartier à un autre est une réponse non adaptée, indigne au regard de la situation de détresse de ces publics et qui d’ailleurs a prouvé à multiple reprises son inefficacité.
Le grand absent de cette stratégie purement sécuritaire était une réelle volonté de prendre en charge et de soigner ces populations précarisées.
C’est pourquoi le Groupe Ecologiste de Paris s’est réjoui de l’élaboration d’un plan global d’action avec l’ensemble des acteurs institutionnels et associatifs concernés. Un plan ayant pour objectifs d’apporter une réponse sécuritaire mais aussi sanitaire et sociale à travers la régulation de l’espace public et une politique coordonnée de réduction des risques et des dommages.
Sur le volet sanitaire et social, le projet de l’association Groupe SOS Solidarités vise à accompagner les publics en grande précarité des usagers de drogue dans un espace de repos en journée. Ils pourront y dormir, manger, bénéficier de matériel de réduction des risques, mais aussi se laver, ou encore laver leur linge. Ces publics vont pouvoir être ainsi accompagnés pour réduire les risques et les dommages de la consommation de drogue et orienter pour être soigné.
Un travail nécessaire qui peut contribuer à terme à sortir ces publics de la rue et de leur situation d’exclusion pour tenter de les réinsérer dans la société.
De notre point de vue, pour renforcer l’efficacité de ce dispositif, il faudra le compléter par l’ouverture d’un ou plusieurs lieux de consommation encadrée de crack. Car si l’espace d’accueil de jour va éviter à ces publics très précaires de errer dans les rues des quartiers concernés, ils resteront contraints de consommer leur drogue sur l’espace public : dans la rue, les jardins, au bord du périphérique, dans les couloirs du métro ou encore dans les parties communes des immeubles d’habitation comme cela est régulièrement le cas à Stalingrad.
Je veux rappeler qu’il ne s’agit évidemment pas de favoriser la consommation de stupéfiants, comme il nous l’a déjà été reproché au moment de l’ouverture de la Salle de consommation à moindre risque. Au contraire, c’est une action de réduction des risques en faveur de ces usagers, et de sécurité en faveur des habitants. D’ailleurs, ils sont nombreux à en avoir pris la mesure, j’en veux pour preuve la pétition « Pour l’ouverture de lieux de consommation encadrée de crack à Paris » publié il y a 3 mois par des habitants du quartier de Stalingrad qui a récolté dans le quartier près de 700 signatures.
J’en profite donc pour rappeler l’interpellation de cette pétition en la citant :
« L’ouverture de la salle de consommation à moindres risques a permis d’apaiser les tensions dans l’espace public et une meilleure prise en charge sanitaires et sociales des personnes qui la fréquentent. Mais cet espace n’est pas adapté à la consommation de drogues inhalées comme le crack ni à celles et ceux qui en consomment. Ne serait-il donc pas logique, raisonnable et, pour une fois ambitieux, que la ville de Paris et l’Etat s’accordent pour créer enfin et très vite des espaces de consommation de crack pour accueillir ces hommes et ces femmes dans des conditions d’hygiène et sécurité satisfaisantes pour tout le monde ? Aujourd’hui, après 25 ans, nous vous demandons solennellement de prendre vos responsabilités et d’avancer. A la fois pour mieux accompagner ces personnes en souffrance et pour pacifier nos quartiers. »
Le Groupe écologiste de Paris votera donc bien évidemment en faveur de cette délibération nécessaire et urgente, qui répond à une situation sanitaire et sociale très dégradée mais vous l’aurez compris nous attendons également la mise en place rapide d’autres dispositifs adaptés qui permettront d’apaiser durablement nos quartiers populaires qui ont le droit à une tranquillité et qualité de vie à la hauteur de celles dont bénéficient les autres parisiennes et parisiens.
DASES 137 – Subvention (95 250 euros) à l’Association Groupe SOS Solidarités (11e) dans le cadre du plan d’action de la Ville de Paris pour une meilleure régulation de l’espace public et une politique coordonnée de réduction des risques et des dommages à Paris à l’attention des usagers de crack. – Adopté