« Courage et dévouement », telle est la devise des pompiers civils en France. Mais pas à Paris, nous sommes protégés par des militaires, et la devise de la B.S.P.P., c’est « sauver ou périr ». En fait, ils ont le courage, le dévouement, ils nous sauvent et aussi, hélas, parfois ils périssent.
J’étais, comme certains d’entre vous, le 17 janvier dernier à la caserne Champerret pour rendre hommage au caporal-chef Cartannaz et au première classe Josselin, Nathanaël Josselin, et je trouve bien que l’hommage symbolique, solennel se prolonge par une aide concrète, matérielle aux familles et aux proches des victimes.
C’est pourquoi bien sûr, cela va de soi, comme tout le monde à l’unanimité, nous voterons cette délibération.
Mais je voudrais dire que pour moi, pour mon groupe, le meilleur moyen pour rendre hommage à ces femmes et à ces hommes, c’est d’améliorer leurs conditions de travail. Je ne polémiquerai pas ici, nous ne sommes pas dans le débat budgétaire, mais je vais quand même rappeler ce que je rabâche depuis le premier jour que je suis élu : les pompiers de Paris n’ayant pas le droit de grève, pas le droit de se syndiquer – ce sont des militaires, ils sont portés par des valeurs -, il ne faut pas abuser, il ne faut pas en faire des gens corvéables à merci. Ils sont au bout du bout en termes de garde, en termes de mobilisation.
Le général GALLET lui-même le dit, on atteint la limite où on va perdre en efficacité. Quand les gars, depuis une semaine, 15 heures par jour sont sur le terrain – gars et femmes, excusez-moi -, et qu’ils font leur 7e, 8e, 9e intervention de la journée en fin de journée, on est à la limite où ils vont faire des erreurs, pour effet de fatigue. Et mon groupe est celui qui, dès 2014, a vu qu’il fallait accroître les moyens financiers car les besoins augmentent.
Et certes, on veut réduire, alors la politique c’est de réduire, de passer de 500.000 à 400.000 interventions, le petit problème quand même, c’est de savoir qui va assumer les 100.000 interventions quand on voit l’état dans lequel est l’A.P.-H.P., quand on voit l’état dans lequel sont les associations, etc.
C’est une politique qui peut se comprendre du point de vue du gestionnaire de la B.S.P.P., mais qui malheureusement se heurte à un contexte un peu difficile, de telle sorte qu’on n’échappera pas de mon point de vue – et mon groupe se battra là-dessus – à la nécessité d’augmenter les moyens de la B.S.P.P. Cela, c’est le meilleur moyen de rendre hommage à ces hommes, car l’hommage solennel, il faut le faire, parce qu’il est porteur de valeurs, il nous dit, comme la boussole indique le nord, vers quoi il faut aller et, de ce point de vue, toutes nos interventions se répètent. Et tant mieux.
Mais on ne peut pas se contenter de cela. On ne peut pas se contenter aussi d’accorder 60.000 euros, comme on le fait aujourd’hui, pour les familles et les proches. Il faut aussi regarder autrement le budget de la B.S.P.P.