Intervention d’Anne Souyris relative aux orientations budgétaires 2015
Comme l’a rappelé mon collègue David Belliard, nous savons l’élaboration du budget de Paris contraint par un contexte très difficile. Mais pour nous, cette situation difficile est aussi une opportunité de rabattre les cartes pour trouver de nouvelles recettes, plus justes socialement et écologiquement utiles, et faire entrer notre Ville dans une ère que nous pourrions qualifier de « sobriété efficace », qui ne dégradera ni la qualité de vie des parisiennes et des parisiens, ni le service public de proximité.
Ainsi, pour nous, les pistes de recettes proposées vont dans le bon sens et ce d’autant plus qu’elles respectent l’engagement que nous avons pris collectivement devant les parisiens de ne pas augmenter la fiscalité directe des particuliers. Ainsi, la hausse de la taxe de séjour sur les hôtels de luxe rapprochera – modestement ! – Paris au niveau des taxes appliquées par d’autres métropoles européennes. Cette mesure, si elle est votée par l’assemblée, ne touchera d’ailleurs pas l’offre d’hébergement touristique et ponctuel pour les personnes les plus modestes. Idem pour la création de deux tranches supplémentaires pour les cantines scolaires, les conservatoires ou les centres d’animation. Pour les écologistes, les plus favorisés des parisiennes et des parisiens doivent contribuer à la hauteur de leurs moyens : il n’y a rien de choquant à appliquer un principe de justice sur ces tarifs. Enfin, l’augmentation des tarifs de stationnement va dans le sens d’une plus grande responsabilisation des propriétaires de voiture individuelle, qui doivent plus largement contribuer, dans une ville dense et polluée comme la notre, à la transformation écologique de la capitale. La création de tranches supplémentaires sur les tarifs sociaux tout comme l’augmentation des tarifs de stationnement ont été proposées à plusieurs reprises par les écologistes durant la mandature précédente : nous sommes heureux de voir que l’exécutif semble s’y rallier aujourd’hui.
Toutefois, nous pouvons aller plus loin. Nous avons fait plusieurs propositions pour augmenter nos recettes et amplifier notre capacité d’investissement. En effet, il nous semble essentiel de reconsidérer, dans le cadre par exemple des assises de la fiscalité qui sont prévues, le niveau anormalement faible du taux de la Cotisation Foncières des Entreprises (CFE) pratiqué à Paris. De même, la question de la taxe sur les logements vacants doit également être soulevée dans ce cadre. En outre, nous pensons que les parisiennes et les parisiens doivent pouvoir investir dans la transformation écologique de leur Ville, dans le cadre d’un emprunt public. Cet outil présente le triple avantage d’impliquer les habitants sur les projets qui les concernent, de dédouaner la Ville d’acteurs financiers à l’éthique contestable et de flécher la collecte des fonds vers des projets liés à la nécessaire transition écologique.
Enfin, il nous semble important de tirer avantage de la situation plus tendue pour aller vers plus de sobriété dans nos dépenses, avec pour nous trois gardes fous : la sanctuarisation des budgets sociaux qui touchent les plus modestes, la continuation d’une politique de subventions aux structures associatives les plus petites et les plus fragiles et la préservation qualité du service public rendu aux parisiennes et aux parisiens.
Dans ce contexte, nous avons fait plusieurs propositions, d’abord sur le volet des fluides (eau, électricité, fuel, gaz…) qui coûtent à la Ville pas moins de 60 millions d’euros tous les ans. Plusieurs millions pourraient être économisés en agissant sur les comportements et sur un meilleur contrôle des consommations. En outre, nous proposons à ce Conseil deux pistes d’économie supplémentaires : l’une pour mieux utiliser les locaux vides de la Ville, et ainsi économiser des frais de gardiennage, et l’autre pour une utilisation accrue des logiciels libres. Sur ce dernier point, d’autres villes ont déjà passé le pas, comme Toulouse, qui a économisé 1 million d’euros, et Turin, qui elle a économisé 6 millions d’euros. Et nous pouvons toujours supprimer les voitures de fonction pour les maires d’arrondissements, avec à la clé une économie de plusieurs centaines de milliers d’euros par an.
Enfin, un dernier point avant de laisser mon collègue Jérôme Gleize compléter notre propos concernant le projet de réorganisation de l’administration parisienne déjà largement engagée. Nous souhaitons avoir rapidement des éléments sur le plan envisagé et nous serons bien évidemment attentif à la prise en considération des agents de la Ville et de leurs conditions de travail.