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Police municipale : Réponse au communiqué de LREM Paris

Fait le 29 janvier 2019,
À Paris

 

 

David Belliard,
Président du Groupe écologiste de Paris
Conseiller de la métropole du Grand Paris

Stanislas Guérini
Délégué Général de la République en Marche !
63, rue Sainte-Anne
75 002 Paris

 Monsieur le Délégué Général,

J’ai l’honneur d’être cité dans un des communiqués de presse de La République En Marche ! concernant la police municipale.

Malheureusement, cette citation relève de la caricature de la position des écologistes sur une question pourtant fondamentale pour notre ville, celle de la sécurité et de la tranquillité publique de nos concitoyennes et concitoyens.

En effet, vous écrivez « David Belliard, le Président du Groupe écologiste au conseil de Paris,  l’a encore rappelé dans le Parisien le 22 janvier. Il est contre parce qu’il n’aime pas le mot police, ce qui en dit long sur la conception de la sécurité des élus EELV à Paris ». Manifestement, vous n’avez pas, ou mal lu l’article du Parisien.

Car il ne s’agit pas d’aimer ou de ne pas aimer le terme. Le mot « police » répond à un cadre réglementaire particulier, qui ouvre d’ailleurs la voie au port d’armes, auquel notre groupe est, comme vous le savez peut-être, opposé, contrairement aux multiples groupes qui se réclament d’En Marche au Conseil de Paris.

Il s’agit d’évaluer si la création d’une police municipale, armée ou non, répond aux besoins de sécurité et de tranquillité publique des parisiennes et des parisiens.

Que nous soyons élu-es ou pas, nous partageons toutes et tous le constat sur les problèmes que nous rencontrons dans la capitale. Paris dispose déjà d’agents assermentés affectés à des missions de lutte contre les incivilités et de tranquillité publique. Notre proposition est de rendre ces effectifs plus efficaces : en les coordonnant mieux, en identifiant mieux leurs missions, en les mettant plus largement au contact de la population, notamment dans les quartiers qui rencontrent le plus de difficultés, et en augmentant leur nombre.

Mais pour nous, leurs missions sont claires : ces agents doivent être affectés à des missions de tranquillité publique, de régulation de l’espace public, d’informations, de lutte contre les incivilités. Les missions de sécurité à proprement parler doivent rester de la responsabilité de la police nationale qui, vous le savez, souffre de manques de moyens et de trop faibles effectifs dans notre ville. Puisque nous avons un contact partagé sur les questions de sécurité à Paris, je vous invite à faire pression avec nous sur le gouvernement et en particulier sur Christophe Castaner, Ministre de l’intérieur adhérent d’En Marche, pour améliorer les effectifs et les moyens de la police à Paris.

En outre, vous avez exprimé votre soutien à l’armement d’une police municipale. Dans un contexte de violences et de gestion très contestable des manifestations -qui porte en lui le risque de générer de nombreux blessés parmi les manifestantes et manifestants-, des armes perdues dans la nature appartenant à la police nationale, alors même que ces agents sont très formés, d’un taux de suicide très élevé des agents de police avec leur arme de service...  ces propositions de sur-armement et de tout-répressif, au mépris de la sécurité des parisiennes et des parisiens, et des agents eux-mêmes, laissent songeur quant à la conception de la sécurité de votre parti politique.

Enfin, alors que les élu-es se réclamant de votre mouvement siégeant au Conseil de Paris sont toujours très prompt-es à dénoncer les dépenses publiques, il serait transparent, dans le cadre de ce débat complexe, que vous rendiez publiques les coupes, ainsi que les nouvelles taxes que vous souhaitez mettre en place pour financer cette police municipale.

Comme vous le voyez, sur cette question fondamentale, il ne s’agit pas de se payer de bons mots ou de faire de l’ironie. Il s’agit de trouver la ou les meilleures solutions pour répondre à des besoins réels. Rien ne serait pire pour les parisiennes et les parisiens que d’instrumentaliser cette question à des fins politiciennes. Ils méritent bien mieux que cela.

Bien à vous,

David Belliard

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