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Vœu relatif aux campements de rue du nord-est parisien

A travers ce vœu, nous avons souhaité interpeller notre assemblée sur la situation des campements d’exiléEs toujours présents dans les 18 et 19e arrondissement.

J’étais présente mardi dernier à la Porte d’Aubervilliers au moment de l’opération d’évacuation qui s’est comme à chaque fois déroulée dans le calme. Les exiléEs soulagées de quitter ces conditions de vie indignes avec l’espoir de ne pas avoir à s’y installer de nouveaux dans les semaines qui suivent.

Désormais les campements de la porte de la villette, quais de Gironde et de la Charente ainsi que Charles Hermitte continuent à grossir. J’en profite d’ailleurs pour ré-interpeller Mme Versini au sujet de l’état de ces campements à proximité desquels il n’y a ni point d’eau, ni de toilettes et peu de poubelles nous sommes régulièrement interrogés par les riverains ainsi que les associations sur ce sujet. Notre mail est resté sans réponse or il nous semble nécessaire d’organiser ces campements pour tenter d’améliorer les conditions de vie dans ces campements et restreindre les nuisances pour les riverains en attendant la prochaine opération de mise à l’abri.

J’en profite pour rappeler que le groupe écologiste de Paris a écrit au Préfet pour l’interpeller sur l’absence de politique d’accueil des exiléEs à l’origine de l’installation de ces campements, sur les risques pour les populations car les campements d’exiléEs deviennent les nouveaux lieux de deal des trafiquants pour qui les personnes exiléEs sont devenus une proie.

Les écologistes du 19e arrondissement ont, de leur côté, saisi le défenseur des droits afin qu’il évalue les conditions de vie des personnes dans les campements et enjoigne le Préfet d’agir pour une mise à l’abri immédiate dans des hébergements pérennes des personnes concernées.

Pour définitivement mettre fin à ces campements de rue indignes, je le répète tel que j’ai pu le faire tout au long de cette mandature, il est indispensable que l’Etat mette en place une politique nationale d’accueil des exiléEs incluant la création d’hébergement car oui, il s’agit d’une urgence humanitaire.

déposé par Fatoumata Koné, Marie Atallah, Pascal Julien
et les élu.e.s du Groupe écologiste de Paris (GEP)

 

Considérant l’annonce du Ministre de l’Intérieur Christophe Castaner, le 6 novembre 2019, de procéder à l’évacuation "avant la fin de l'année" des campements du nord-est parisien ;

Considérant les nombreuses personnes en situation de rue qui ont été évacuées lors de l’opération du 7 novembre 2019 à la Porte de la Chapelle, puis lors d’évacuations partielles à la Porte d’Aubervilliers, pour retourner ensuite sur les campements de rue après leur évaluation administrative ; 

Considérant l’évacuation avortée du 21 novembre Porte d’Aubervilliers, du fait du sous-dimensionnement des effectifs de police mobilisés pour l’occasion ;*

Considérant que fin janvier 2020, plus de 2 000 personnes continuent de vivre dans les campements situés à la Porte d'Aubervilliers et à la Porte de la Villette, dans des conditions indignes et insalubres ; 

Considérant l’article L-345-2-2 du Code d’Action Sociale et des Familles, qui stipule que “toute personne sans abri en situation de détresse médicale, psychique ou sociale a accès, à tout moment, à un dispositif d’hébergement d’urgence” ; 

Considérant que ces trois détresses correspondent à celles que connaissent depuis des mois, voire des années, les personnes sans-abri des Porte d’Aubervilliers et de la Villette ;

Considérant la mort, le 20 janvier 2020, d’un jeune homme de 28 ans qui vivait dans une tente à la Porte d’Aubervilliers, après avoir déposé une demande d’asile le 2 janvier 2020 ;

Considérant qu’un demandeur d’asile sur deux n’a pas de place dans les Centre d’Accueil des Demandeurs d’Asile (CADA) ou dans les Hébergements d’Urgence des Demandeurs d’Asile (HUDA) du fait de la saturation du réseau d’hébergement d’urgence à Paris ;

Considérant la diversité des statuts (réfugiés statutaires, demandeurs/ses d’asile, dubliné.e.s, sans-papiers) et des profils (familles, mineur.e.s isolé.e.s, usager.e.s de drogues) des personnes présentes dans les campements ; 

Considérant la mise en place, depuis un décret du 30 décembre 2019, d'un délai de carence de 3 mois pour que les demandeurs/ses d'asile aient accès à la protection universelle maladie (PUMa), mesure dénoncée notamment par le Conseil national de l'ordre des médecins et qui fragilise encore davantage ces personnes en situation d’extrême vulnérabilité ;

Considérant que cette mesure s’inscrit dans une politique gouvernementale de persécution des personnes exilé.e.s dont témoigne également la demande faite aux gestionnaires des centres d’hébergement d’urgence de transmettre "mensuellement" à l’Office français de l’immigration et de l’intégration (Ofii) la liste des réfugiés et des demandeurs d’asile hébergés ; 

Considérant que nous en sommes à plus de 60 évacuations depuis 2014, et que ces opérations ne permettent pas de résorber durablement ces campements de rue du nord-est parisien que Louis Gallois, président de la Fédération nationale des associations d’accueil et de réinsertion sociale, a qualifié de “honte nationale” lors de la 4e rencontre avec les partenaires du Plan Parisien de Lutte Contre la grande Exclusion ; 

Considérant que ces évacuations ne sauraient constituer des mises à l’abri sans qu’il soit accordé à ces personnes en situation de rue un hébergement pérenne, indépendamment de leur situation administrative.

 

Aussi, sur proposition de Fatoumata Koné, Marie Atallah, Pascal Julien et des élu.e.s du Groupe écologiste de Paris (GEP), le Conseil de Paris émet le vœu que la Ville de Paris interpelle le Préfet de Paris pour :

 

  • procéder en urgence à la mise à l’abri des personnes en situation de rue aux Portes d’Aubervilliers et de la Villette ;
  • que cette mise à l’abri soit effectuée dans des hébergements pérennes sans faire le tri sur les situations administratives des publics concernés, afin d’éviter la reconstitution des campements de rue ;
  • que l’anonymat des personnes exilées soit respecté dans les centres d’hébergement ;
  • créer des places d’hébergement pérennes supplémentaires afin d’accueillir toutes les personnes présentes sur ces campements, notamment en HUDA et CADA ;
  • que de nouvelles structures de consommation à moindre risque soient créées afin d’accompagner les usager.e.s de drogues présent.e.s sur les campements, ainsi que des hébergements spécifiques accompagnés ;
  • qu’il use de son pouvoir de réquisition afin de mobiliser, à l’échelle régionale, tous les espaces susceptibles d’héberger les différents publics présents sur le campement, notamment les familles ;
  • qu’un accompagnement social, médical et juridique personnalisé soit proposé à toutes ces personnes sans-abris afin de permettre des sorties de rue durables et un véritable parcours d’accueil.

 

 


Le vœu a été rejeté au profit d'un vœu bis adopté par le conseil de Paris 


 

 

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