Accueil Conseil de Paris Conseil de décembre 2019 Soutient aux projets d’habitat participatif du 16, rue Armand Carrel (19e)

Soutient aux projets d’habitat participatif du 16, rue Armand Carrel (19e)

2019 DLH 420 : Signature d’une promesse de vente et Cession à la SAS Lotus du terrain situé 16, rue Armand Carrel (19e) - Suites de l’appel à projets Habitat Participatif.

2019 DLH 423 : Réalisation 16 rue Armand Carrel (19e) d’un programme de création de logements PLS par la coopérative SAS "COOP Lotus".


J’ai tenu à intervenir sur cette délibération d’abord pour rappeler l’attachement des écologistes à l’habitat participatif et ensuite pour montrer ce qu’il se passe quand la ville ne s’engage pas pleinement dans un projet qu’elle initie.

L’habitat participatif est un mode d’habitat collectif innovant qui permet de replacer l’habitant au cœur du projet, moteur de lien et de mixité social, il développe une nouvelle manière de vivre ensemble, et d’habiter différemment.

Il répond à de nombreuses difficultés en matière de logements que rencontres nos citoyens, en particulier dans une ville comme Paris. Ces projets sont anti-spéculatifs et proposent une offre de logements abordables pour des familles sous plafonds PLS et c’est le cas dans le projet du groupe Lotus dont fait l’objet cette délibération qui inclus des logements sociaux de solidarités nouvelles pour le logement.

Je veux rappeler que les études réalisées sur ce sujet démontre qu’il réduit les conflits de voisinage, les dégradations des parties communes car les habitants s’approprient leur logement, et de ce fait s’impliquent davantage dans la communauté. Quartier en politique de la ville qui cherche plus de diversité sociale et culturelle, quartier très dense, où le foncier est hors de prix… l’habitat participatif est en mesure de répondre à ces problématiques que nous abordons régulièrement en conseil de Paris. C’est pourquoi, nous pensons que l’habitat participatif devrait être encouragé pour s’imposer comme une voie alternative d’accès au logement, à un niveau égal à celui du parc privé et du logement social. Et d’ailleurs, pourquoi ne pas l’inscrire dans notre politique locale de logement via le PLU ?

En tout cas, à Paris nous en sommes bien loin, tout juste au prémisse avec cet appel à projet lancé en 2014 sur 3 parcelles, deux dans le 20e arrondissement et une dans le 19e. Cet appel à projet était pourtant une bonne nouvelle, pour les écologistes car nous avions associé cette initiative à une preuve de l’engagement de Paris en faveur du développement de ce mode d’habitat collectif innovant encore trop absent à Paris.

Nous le savons, ce type de projet constitue une aventure humaine qui, engage des personnes dans un projet de vie. Il nécessite donc au moins deux choses de la part d’une collectivité :

  • Une volonté politique sans faille
  • Un dispositif d’accompagnement technique et humain à la hauteur des ambitions et de l’engagement humain

Force est de reconnaître que malheureusement,  ces 2 aspects ne semblent pas avoir été réellement pris au sérieux dans l’élaboration et le suivi de l’appel à projet remporté par le groupe LOTUS dans le 19e. Comme je l’ai déjà précisé lors de précédentes interventions, le projet devait se développer sur 2 parcelles mises à disposition. Au cours du projet, il s’est avéré que la deuxième parcelle était inscrite au PLU au titre de la protection du patrimoine architectural. Le groupe a, en conséquence, été contraint de reconsidérer son projet en se rabattant sur la parcelle du 16 rue Armand Carrel avec la prouesse de reformuler son projet en un temps très réduit.

De l’ensemble de ces revirements a résulté un retard de 4 ans car le projet aurait dû sortir de terre cette année et vous pouvez imaginer les difficiles épreuves subies par les porteurs du projet. Le groupe Lotus a pourtant respecté tous les points exigés dans l’appel à projet et s’est conformé à toutes les requêtes de la Ville de Paris. Après avoir été obligé de concentrer son projet sur une seule parcelle au lieu de 2, le groupe a apporté de nouvelles modifications pour répondre aux demandes de la Ville en réduisant la densité du projet avec la suppression d’un étage.

Si nous souhaitons réellement que des projets d’habitat participatif voient le jour dans notre ville, il est indispensable que nous tirions collectivement des leçons de cette situation. Ici comme dans tous les projets qu’elle accompagne,  la Ville doit être un partenaire fiable.

Les écologistes du 19e et de Paris sont à plusieurs reprises intervenus auprès de l’adjoint à la Maire de Paris en charge de l’urbanisme notamment en intervenant au conseil de Paris de juin et en demandant une réunion d’urgence pour permettre aux habitants de continuer à faire exister et avancer leur projet. Nous voulons réexprimer ici notre soutien sans faille au groupe lotus.

La création de nouveaux modes d’habitat est complexe pour les porteurs de projets comme pour la Ville car sa part d’inconnue est encore importante. Elle n’en est pas moins une chance : celle de mettre les habitants au cœur de la construction de la ville. Nous devons nous en saisir et tout mettre en œuvre pour que ce projet puisse voir le jour dans les meilleurs délais possibles avec le soutien sans faille que les porteurs de projet sont en en droit d’attendre de la Ville de Paris. C’est pourquoi, nous nous félicitons des étapes franchie aujourd’hui à travers le vote des délibérations DLH 420 et DLH 423 qui je l’espère seront adoptées à l’unanimité.

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