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Hommage aux victimes des attentats à la Préfecture de Police Paris

Le Major Damien Ernest, 50 ans et 28 ans de service et le Gardien de la Paix Anthony Lancelot, 38 ans et 11 ans de service, furent les deux premières victimes du tueur qu’ils côtoyaient dans le même service.

Brice Le Mescam, 38 ans et 6 ans de service, à son tour tombe poignardé quelques minutes plus tard sous les mêmes coups aveugles.

Aurélia Trifiro, 39 ans et 17 ans de service, meurt d’avoir  croisé dans l’escalier le tueur descendant vers la cour où il tente d’assassiner une cinquième personne qui heureusement a survécu au coup de couteau.

En prononçant ces quatre noms, j’ai une pensée très émue pour les proches de Damien, Anthony, Brice et Aurélia qui se sont soudainement trouvés endeuillés par la perte d’un être aimé, je pense aux compagnes, compagnons, amis et bien sûr aussi : aux collègues. En mon nom et en celui du groupe des élu.e.s écologistes, je leur exprime, de nouveau à toutes et tous mes condoléances les plus sincères.

Restés d’abord pantois devant une telle tragédie, on éprouve immédiatement une immense compassion à l’égard des victimes et des leurs proches, avec une obsession, celle que cette tragédie ne recommence pas. 

Mais l’enquête avance et révèle les circonstances exactes de ces quatre crimes. Elle a mis en évidence le courage des victimes et de leurs collègues, qui ont permis que ce drame ne soit pas encore plus grave. Et même s’il n’est pas question ici de polémiquer, elle a aussi mis en lumière certains dysfonctionnements et défaillances, à ce jour non sanctionnés.

Je voudrais souligner combien ce tragique évènement met en évidence la difficulté rencontrée quand on veut distinguer l’action d’un terroriste intégré à une organisation et celle d’un homme préparant solitairement son crime, sans complice ni instigateur, mais qui se réclame du même verbiage islamiste.

En ce sens et à nos yeux, la question reste posée sur la nature du quadruple assassinat du 3 octobre dernier : simple crime d’un détraqué ou bien attentat commis par une personne radicalisée alors que, habilitée confidentiel défense, elle travaillait au cœur du dispositif anti-terroriste ?

S’il existe une volonté partagée pour qu’une telle tragédie ne se reproduise plus, il faudra bien avoir le courage de répondre honnêtement à cette question afin d’en tirer les conclusions. Le risque zéro n’existe pas, et vouloir l’atteindre ne doit en aucun cas conduire à une société du soupçon. Restreindre les libertés serait pour nos adversaires une victoire, les préserver et les élargir une défaite !

Ce combat pour préserver les libertés dans le respect de l’Etat de droit, cette volonté de gagner la lutte contre le terrorisme mais pour la démocratie et la laïcité, nous le devons à la mémoire des fonctionnaires de Police auxquels nous rendons ce matin hommage.

Je vous remercie.

David Belliard, Président du groupe écologiste de Paris

 

 

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