Accueil Conseil de Paris Conseil d'octobre 2019 Renforcer la démocratie participative et l’engagement citoyen. 

Renforcer la démocratie participative et l’engagement citoyen. 

Les événements de ces derniers mois sont des cris d’alarme.

Dans un cortège de gilets jaunes présents à Paris cet hiver, une banderole trônait : “élus, vous rendrez des comptes”. Ces mêmes citoyens et citoyennes arboraient sur leur veste fluorescente des “pouvoir au peuple” ou encore “Macron, on en a gros”. 

Les jeunes marchant pour le climat portaient haut et fièrement, des pancartes percutantes floquées de “Je crois plus au père-noël, qu’aux politiciens pour sauver la planète”, ou encore “pour que le second degré ne reste qu’une mauvaise blague”.

Ces événements, ces réactions allergiques à la classe politique, aux élus que nous sommes nous obligent à écouter. Écouter tous les citoyens et toutes les citoyennes de tous les âges qui s’inquiètent de leur avenir dans un environnement en péril. L’abstention galopante, scrutin après scrutin, doit aussi nous obliger à revoir nos méthodes de prise de décision et de consultation. Aux élections municipales de 2014, marquées par une abstention record dans le pays, le désaveu des électeurs et notamment des jeunes était criant : Selon une enquête IPSOS réalisée juste avant le scrutin, les personnes qui n'étaient pas certaines de voter -les jeunes étant les plus nombreux- donnaient deux raisons principales: parce «que ces élections ne changent rien à leur vie quotidienne» (44%) et «pour manifester leur mécontentement à l'égard des hommes politiques en général» (39%).

Cette délibération sonne un peu comme un bilan et un tombée de rideau sur la politique qui a été celle de la majorité concernant la consultation citoyenne : elle doit être plus systématisée, plus efficace.


On le voit, nous le soulignons, tous groupes politiques confondus, à chaque conseil, l’engagement des Parisiennes et des Parisiens dans leur vie quotidienne, notamment dans la vie associative est exemplaire. Budget participatif, grand débat, ils et elles répondent toujours présents lors des rendez-vous citoyens. Et malgré nos divergences sur certaines “utilisations” du budget participatif, nous vous remercions, madame le Maire pour avoir mis en place de multiples mécanismes de participation citoyenne. 

 

Lors du grand débat parisien, les habitants ont très clairement fait ressortir trois priorités : celle de la transition écologique avec notamment la volonté de développer une citoyenneté écologique ; une volonté de démocratie participative avec le développement de la pratique référendaire et la lutte contre les inégalités sociales et les discriminations, avec par exemple l’accompagnement des réfugié.e.s. Cela nous conforte, écologistes, dans la légitimité et la justesse des combats qui sont les nôtres depuis plusieurs décennies.

Alors pour en revenir proprement à la délibération … Cette dernière est un point d’entrée - une déclaration d’intention, encore trop vague mais qui correspond aux valeurs que nous portons. 

Oui il faut mobiliser d’avantage les jeunes, les écouter, s’adapter à leurs méthodes de revendication, à leur mode de vie et de communication. Malheureusement, cette volonté ne semble pas être partagée par tous les partis nationaux quand on se réfère à la gestion disproportionnée et inadéquat des forces de l’ordre lors de la dernière marche pour le climat ou le gazage des jeunes d’Extinction Rébellion du Pont de Sully en juillet dernier. Le Président Emmanuel Macron qui encourageait dans son allocution télévisée d’ouverture de “l’acte 2 de son quinquennat, les somme maintenant d’aller manifester pour le climat en Pologne ... Mais c’est parce que les jeunes sont les plus méfiants face au politique, qu’il faut décloisonner le dialogue et encourager les partenariats comme il est proposé ici avec les maisons citoyennes mobiles. Ainsi, le dialogue citoyen “hors-les-murs” est un biais pour la participation de toutes et tous notamment les plus éloignés de la chose démocratique. 

Des premières idées nous paraissent très bonnes comme des offres dédiées dans la Carte Citoyen, la mises à disposition d’espaces pour les jeunes engagés, l’encouragement de la participation des jeunes dans les conseils de quartiers (trop vieillissants) ou encore la programmation de débats à l’hôtel de ville par les jeunes eux-mêmes. 

Les votations locales, article 2 du texte, sont, malheureusement, le point le plus important mais le plus vague de la délibération. Oui, les écologistes veulent plus de consultation et ce, sur tous les sujets, notamment les plus structurants. Il faut que ces dernières aient un réel impact dans la gestion de notre ville et les orientations que nous portons. Nous l’avions demandé pour les JO et pourtant à ce moment là la maire de Paris “n’a pas osé la votation locale” - pour reprendre les mots du délibéré. Donc, si nous nous réjouissons sur le principe nous bataillerons à la prochaine mandature pour que ce droit de votation ne soit pas seulement de l’ordre de la consultation. Il est dit dans la délibération que la ville pourra “requalifier” les votations, n’est-ce pas déjà brider les éventuels sujets gênants ? 

Sur la valorisation de l’engagement citoyen, nous avions demander à ce que les volontaires puissent aussi proposer des missions à la ville mais ceci n’a semble-t’il pas été retenu. Ils doivent pouvoir trouver toujours plus de sens dans leur mission en nous interpellant sur des sujets qui leur tiennent à coeur et qui ne sont pas forcément dans les feuilles de route de la mairie centrale. Nous nous réjouissons par ailleurs que le futur conseil de Paris citoyen puisse être amené à poser une question d’actualité, c’est un signe de transparence légitime que nous devons faire aux Parisiens.

Nous voyons d’un bon oeil la création d’une assemblée des Parisiennes et des Parisiens, seulement là encore, les contours sont plus que flous. Cette proposition suscite une question : Quelle articulation entre les conseils de quartiers, d’arrondissement, les conseils citoyens, le conseils des génération futures, le conseil parisien de la jeunesse, la commission parisienne du débat public, le conseil des européens, le conseil des étudiants, le conseil de la nuit, le Conseil de Paris etc… La démocratie participative ne se résume pas pour nous à une multiplication des instances et nous souhaiterions des garanties sur, avant tout, la transformation politique et l’effectivité des avis et des combats qui sont portés par chacune de ces instances. 

En conclusion, sur le principe, bien sûr que les écologistes rejoignent la volonté de l’Exécutif de mettre en place plus de participation dans la question citoyenne. Beaucoup de points restent à élucider, tout comme certains dispositifs… “Mentorat”, “agora” … Mais plus que d’avantage consulter, le devoir qui est le notre, encore plus aujourd’hui qu’hier, est de donner du pouvoir décisionnel aux citoyens et pas seulement des processus de consultation. Nous remercions Pauline Véron d’avoir consulté les groupes politiques en amont du passage de la délibération bien que les idées portées par les écologistes comme la déclinaison de ces processus dans les arrondissements et la possibilité aux volontaires de la ville de proposer des actions ne figurent pas dans la délibération finale. 

Joëlle Morel, conseillère de Paris

 

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