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Réponse à la lettre ouverte des organisateurs.trices de BiodiversiTerre

Nous avons invité le créateur de BiodiversiTerre au sein des locaux du groupe écologiste de Paris. Il a été reçu par deux élues du Groupe écologiste le 29 janvier 2019, Joëlle Morel, Conseillère écologiste de Paris et conseillère du 11e déléguée aux espaces Verts, à la biodiversité et  au plan climat et Laurence Hugues, adjointe écologiste au Maire du 3e arrondissement, chargée de l’emploi, de l’insertion, de l’économie sociale et solidaire, de l’éco-responsabilité, des espaces verts et de la nature en ville.

Nous avons échangé au sujet de nos visions singulièrement différentes des événements qui visent à sensibiliser le plus grand nombre à l’urgence écologique et à la préservation du vivant. Ces désaccords sont toujours les mêmes depuis 2017, réaffirmés au conseil de Paris de février 2019 et dans notre communiqué en date du 20 juin 2019.

Les élu.e.s écologistes de Paris demandent fermement depuis des années que cessent tous partenariats avec des entreprises qui font leur bénéfice sur le dos de la planète en polluant notre environnement. Ces partenariats sont contraires aux objectifs inscrits dans notre plan climat et aux valeurs que nous voulons porter. Comment dire aux Parisiennes et aux Parisiens l’urgence de la transition si la Ville elle-même continue à mettre en scène des sponsors polluants ? Une clarification est nécessaire. C’est une histoire de cohérence et d’exemplarité que nous devons aux Parisiennes et aux Parisiens.

Cela signifie pour nous l’arrêt des partenariats avec les entreprises polluantes ou dont les activités entrent en contradiction avec la transition écologique et énergétique de notre territoire.

BiodiversiTerre est une grande opération de communication qui se veut verte. Nous nous insurgeons de voir les industriels de l’agroalimentaire et de l'automobile s’installer sur la Place de la République pour promouvoir la biodiversité alors qu’en même temps leurs activités la mettent à mal, tout cela grâce aux deniers publics.

112 000 euros : voici ce que coûte cet événement marketing à la ville de Paris, donc aux Parisiennes et Parisiens par leurs impôts.

En supplément, l’occupation de l’espace public est mise à disposition par la ville à titre « gracieux » ainsi que les compétences, les matériels et les véhicules des services de la ville. Durant 4 jours, l’entretien, l’exploitation, les moyens d’arrosage et le nettoyage à l’issue du démontage sont à la charge de la ville, par des agents municipaux déjà débordés. À tout cela s’ajoute encore la fourniture gracieuse de 100 000 plantes et 750 m2 de tapis fleuris par le centre horticole de la Ville de Paris.

Suite à votre courrier publié sur les réseaux sociaux, nous rappelons que ce n’est pas au boucher de quartier que l’on s’adresse, ni au chef de cuisine ou au commis, mais bien à une interprofessionnelle de la viande, partenaire de BiodiversiTerre, qui défend des pratiques industrielles auxquelles nous ne pouvons adhérer. Hier, c’est l’association L214 qui nous a fait prendre conscience de l’utilisation de vache à hublot, qui transforme un animal en une machine à produire de la viande équipée d’un clapet qui donne accès à son estomac afin d’optimiser les rendements.

Ce n’est pas aux primeurs et aux « femmes et les hommes qui vendent travaillent ou préparent les légumes et les fruits », mais bien aux industriels des fruits et légumes que nous nous adressons. C’est à Interfel, partenaire de BiodiversiTerre, qui, pour sa fête des fruits et légumes frais, se vantait de « renouer avec la notion de saisonnalité » alors que fin mai 2019, après une pétition « Non à l’industrialisation de la bio ! Pas de tomate bio en hiver », la Fédération nationale des agriculteurs biologiques et la Confédération paysanne ont quitté le Comité Bio d’Interfel qu’ils considèrent comme « défenseur affiché d’une agriculture biologique industrialisée ».

Quant aux « garagistes, mécaniciens et professionnels des métiers autour de la voiture électrique », ils ne sont pas en cause, c’est bien leur employeur que nous pointons, au coeur de l’affaire du Dieselgate, que nous pointons. Devons nous vraiment rappeler que Renault, partenaire de BiodiversiTerre, a manipulé les chiffres de son système de dépollution afin de minorer les taux d’émissions d’oxydes d’azote.

Vous interpellez les jardinier.e.s de la Ville de Paris « qui partagent avec nous la fierté de leur travail et la joie d’échanger avec nos concitoyens ». Le groupe écologiste de Paris est mobilisé auprès de ces agents de la ville, qui ont déjà énormément de travail, afin de revaloriser leurs conditions d’exercice et renforcer les moyens humains pour aider les jardinier.e.s citoyen.ne.s.

Lors de votre dernière édition, nous vous avons demandé un bilan écologique, nous l’attendons toujours. Nous souhaitons nous assurer que les plantes et végétaux ne finissent pas encore une fois dans des bennes et composteurs. La nature n’est pas jetable ! Ce n’est pas un produit qui sert de décor à des opérations de greenwashing et dont on peut se débarrasser derrière des formules marketing vantant l’éco-responsabilité.

Tout comme les éditions précédentes qui avaient pour partenaires Veolia ou Happy Valley, nous nous opposons à la tenue de ce type d’opération de greenwashing. Nous serons encore présent.e.s afin que cesse tout partenariat de la ville de Paris avec des entreprises polluantes. Nous continuerons à encourager les entreprises et artisan.ne.s qui respectent les circuits courts, l’économie circulaire, la filière bio et qui s’engagent pour réduire les emballages, la disparition du plastique ou encore le transport et la distribution eco-responsables. Sur l’espace public parisien, aucune concession ne doit être faite avec les lobbies.  

 

David Belliard, président du groupe écologiste de Paris
Joëlle Morel,  Conseillère du 11e déléguée aux Espaces Verts, Biodiversité et Plan climat
Laurence Hugues, Adjointe écologiste au Maire du 3e, chargée de l’emploi, de l’insertion, de l’économie sociale et solidaire, de l’éco-responsabilité, des espaces verts et de la nature en ville.

 

 

En réponse à : 

LETTRE OUVERTE À David BelliardJe suis un homme tranquille.Depuis 32 ans, j’ai créé un certain nombre d'événements...

Publiée par Gad Weil sur Vendredi 21 juin 2019

Suite à la publication : BiodiversiTerre : La nature n’est pas à vendre

 


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