Accueil Actualités Mission d’information et d’évaluation : Le boulevard périphérique, quelles perspectives de changement ?

Mission d’information et d’évaluation : Le boulevard périphérique, quelles perspectives de changement ?

 

 

En 2001, élu.e.s et militant.e.s écologistes avaient bloqué un tronçon du périphérique. Durant quelques minutes, les voitures chassées du macadam avaient laissé place à un tapis vert. Le message était déjà clair et impactant : il faut sortir d’une ville, d’une métropole et d’un système d’aménagement du territoire qui nous rend auto-dépendant.e.s de la voiture au détriment de notre planète, de notre santé et de notre bien-être.

En 2014, nous avions obtenu la réduction de la vitesse sur le boulevard périphérique afin de réduire les pollutions atmosphériques et sonores. Et les études le prouvent : nous avions raison. La qualité de l’air s’est améliorée, les décibels ont fortement réduit et même, le trafic s’en est retrouvé quelque peu fluidifié.

Depuis le début de la mandature, les écologistes n’ont de cesse d’alerter et d’œuvrer pour réduire les nuisances dûes au périphérique. En janvier 2017, nous avions demandé et obtenu qu’un événement festif y prenne place. Lors de la prochaine Nuit Blanche, piéton.ne.s, riverain.e.s, promeneur.euse.s pourront reprendre possession de ces mètres carrés afin de profiter ensemble de spectacles et d’animations. Il n’y aura plus d’ « intra-muros » et de « banlieue », de rupture mais seulement un espace commun métropolitain pour se distraire ensemble. C’est une grande victoire culturelle pour les écologistes !

La tenue d’une Mission d’Information et d’Évaluation (MIE) sur le périphérique et l’émoi suscité dans la presse et chez les citoyen.ne.s prouvent que les écologistes ont gagné en faisant du périphérique et de son avenir un sujet politique au sein de l’hémicycle parisien. Tous les partis se mettent aujourd’hui à parler de l’avenir du boulevard périphérique et à l’imaginer autrement.

Certain.e.s prétendant.e.s au poste de maire de Paris veulent en faire un espace de spéculation immobilière, un espace d’attractivité – d’autres encore veulent le détruire, ce qui est un non-sens économique à fort écho médiatique ou encore le recouvrir pour en conserver son usage actuel d’autosolisme effréné - non-sens écologique total.

Au sein de la MIE, les écologistes étaient présent.e.s à chaque audition, ont largement contribué à la rédaction des préconisations finales, ont réussi à faire prendre conscience de l’urgence écologique et sanitaire qu’il représente aujourd’hui. Certain.e.s participant.e.s ont proposé des projets à la marge comme la création de salles polyvalentes sous le périphérique surélevé, en posant des ruches – sans pour autant en chasser les véhicules polluants et planter des espèces mellifères ; de faire des « corridors » écologiques, c’est-à-dire des terre-pleins plantés au milieu des camions diesel … Et d’autres encore, n’ont même pas fait de préconisations écrites !


« Après les constats, il est l’heure d’agir vite, nous proposons une réelle vision du périphérique de demain, qui répond à l’impératif écologique et qui offre un cadre de vie désirable à celles et ceux qui vivent au plus près du cette autoroute urbaine »
Fatoumata Koné, élue du 19e arrondissement.

« Le périphérique est un vestige du temps où le tout-voiture était roi. Les pollutions et le dérèglement climatique nous oblige. Main dans la main avec les riverain.e.s, nous devons inventer le périph’ de demain : un bassin de vie vert et cyclable »
David Belliard, président du groupe écologiste de Paris.

 


Nos Priorités


 

  • Avec 21 000 habitant.e.s par km2 la ville de Paris est l’une des plus denses en Europe. Cette densité est le résultat d’une politique de la ville qui, depuis l’enceinte de Thiers jusqu’au périphérique débuté dans les années 60, a engoncé la ville dans un urbanisme férocement minéral dominé par le règne de la voiture.

 

  • Répondre à l’urgence sanitaire est notre priorité. Il faut protéger les populations exposées aux pollutions et nuisances diverses du périphérique, lutter contre le réchauffement climatique et les phénomènes d’îlots de chaleur et préparer matériellement et psychologiquement les futurs usages du périphérique.

 

  • Le périphérique est le dernier lieu qui permettra à Paris de bénéficier de nouvelles trames vertes, d’îlots de fraîcheurs. La disparition du périphérique et sa réinvention doit aussi être une formidable occasion de démocratie participative.

 

 Notre priorité : les riverain.e.s du périphérique 

 

  • Dans la métropole parisienne, 6 600 décès par an sont dus à la pollution. En urgence, il faut systématiser la circulation différenciée en cas de pics de pollution et d’épisodes de fortes chaleurs (niveau 3 du plan canicule), réduire la vitesse à 50km/h et baisser à 70km/h la vitesse sur les axes routiers à l’intérieur de l’A86, réduire la luminosité et éteindre les lumières quand elle est inutile et inadaptée.

 

  • Le périphérique produit 37% des émissions d’oxyde d’azote et 35% des particules fines de la région IDF. Tant que le périphérique restera une autoroute urbaine, la construction de logements et d’équipements sensibles (stades, écoles, crèches, …) doit être arrêtée à ses abords.

 

  • Dès 2020, une voie prioritaire devra être réservée sur les tronçons à quatre voies  aux véhicules partagés et dits « propres » afin, qu’une fois le périphérique déclassé en boulevard urbain, il puisse intégrer facilement des voies dédiées aux mobilités douces, aux urgences et la mise en place de traversées pour les piéton.ne.s.

 

  • La région Île de France doit développer un réseau de transports en commun de banlieue à banlieue, encourager et faciliter plus massivement l’utilisation des transports en commun et développer un plan vélo plus ambitieux notamment dans la mise en place des continuités linéaires entre Paris et les villes alentours.

 

  • Ce sont les riverain.e.s du périphérique qui doivent être consulté.e.s en priorité afin qu’ils fassent entendre leurs besoins en termes d’équipement et d’espaces verts  pour construire ensemble cette future ceinture verte habitée.

 

Notre rationalité : réinvestir le périph’ pour mieux le transformer ensemble

  

  • Lors de l’édition 2019 de la « Nuit Blanche », à notre demande, un tronçon du périphérique sera fermé et détourné de son usage premier. Il sera réapproprié par toutes et tous le temps d’une nuit festive. Il s’agit, avec ce type d’initiatives, de sensibiliser aux thématiques environementales, favoriser le vivre ensemble des métropolitain.e.s.

 

  • Des évènements comme la « fête des voisin.e.s du Grand Paris » ou les week-ends « Périph sans voiture » serviront à sensibiliser le public aux problématiques liées au périphérique et à démontrer qu’un autre usage est possible.

 

  • Nous souhaitons généraliser l’opération « Respirez-mieux », lauréat au budget participatif dans le 20e arrondissement, qui permettra de mesurer la pollution sur l’ensemble du périphérique pour faire prendre conscience du danger.

 

  • La réussite de la transformation du périphérique passera par la démocratie participative, portée par les communes et plus encore par les habitant.e.s. Les associations s’occupant des populations sans-abri devront être consultées car il faudra mettre en place des solutions de logement durable pour les populations qui vivent sous le périphérique dans des conditions catastrophiques.

  

Notre souhait : une métropole sans frontière autour de Paris

 

  • Nous voulons des quartiers à taille humaine, qui s’articulent avec des espaces verts respectueux de la biodiversité. La libération des 150 hectares suite au réaménagement du périphérique est une chance. Avec moins de 10m² d’espace vert par habitant.e, les parisien.nes vont pouvoir retrouver de des espaces de respiration, de calme et de nature.

 

  • Les constructions réalisées devront être exemplaires en termes de choix des matériaux, de sobriété énergétique, de production d’énergie, de confort thermique et de bien-être. Evidemment aucun projet de tour de grande hauteur ne devra voir le jour. L’Est et le Nord Est de Paris pourront retrouver une partie des parcelles maraîchères disparues au début du 20ème siècle et garantir ainsi des lieux de promenade et de culture en pleine terre.

 

  • Cette transformation du périphérique en boulevard urbain permet d’effacer cette frontière sociale et de rendre les franchissements invisibles. Il faut repenser notre logistique urbaine en encourageant le fret fluvial et ferroviaire et mettre en place un réel système de livraison du dernier kilomètre propre. »

 

  • Pour garantir le respect de la biodiversité et de l’environnement, faire de l’espace libéré par le périphérique le point vital du renforcement ou la création des trames vertes, bleues et noires. Des espaces protégés devront voir le jour, fermé à toutes sortes de mobilités autres que piétonnes.

 

 

Télécharger  l'intégralité des préconisations des élu.e.s écologistes à la MIE périphérique  : Le boulevard périphérique, quelles perspectives de changement ?

 

 

 

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