Accueil Conseil de Paris Conseil de décembre 2018 QUESTION D’ACTUALITÉ : Bilan de la sécurité routière 2018

QUESTION D’ACTUALITÉ : Bilan de la sécurité routière 2018

Réponse de Christophe Najdovski, adjoint à la Maire de Paris chargé de toutes les questions relatives aux transports, à la voirie, aux déplacements et à l'espace public.

Le bilan de la sécurité routière 2018 publiée par la Préfecture de police révèle que, l’an dernier, 36 personnes ont été tuées sur le territoire parisien, dont 4 sur le boulevard périphérique. En 2017, 31 personnes avaient été victimes d’un accident mortel et, en 2016, 40 ; 9 tués sur 10 sont soit piétons, soit usagers de deux-roues motorisés. Nous constatons par ailleurs que les stupéfiants et l’alcool sont impliqués dans la moitié des accidents mortels. S’il y a une hausse des décès en 2018, le nombre total d’accidents a, pour sa part, diminué de 5,4 % l’année passée, de sorte qu’ils atteignent leur plus bas niveau depuis la mise en place des statistiques de la sécurité routière avec un nombre de blessés également en baisse de 6 %, mais un nombre d’hospitalisés qui a, lui, augmenté.

Les chiffres le prouvent, année après année : les piétons demeurent les usagers les plus vulnérables de l’espace public, ceux que l’on doit protéger en priorité. Pour cela, nous avons, d’un commun accord avec la Préfecture de police, décidé de renforcer notre partenariat au service de la sécurité routière. Cette action conjointe doit permettre de mieux sanctionner les infractions au Code de la route.

Je rappelle que, depuis janvier 2018, les A.S.P. se consacrent désormais aux missions prioritaires de lutte contre les infractions au Code de la route. Ainsi, pour l’année 2018, plus d’un million de verbalisations ont été effectuées par ces agents, en sus de l’action de la Préfecture de police, sanctionnant ainsi les infractions au Code de la route : non-respect des trottoirs, zones piétonnes ou traversées piétonnes, entrave au déplacement dans les pistes cyclables, non-respect des sas piétons-vélos, ou encore circulation dans les voies de bus.

Parallèlement, une convention entre la Préfecture de police et la Ville de Paris permet à la Ville d’accéder aux quelque 950 caméras de la Préfecture de police pour procéder à de la vidéo-verbalisation. La Ville de Paris met également des actions visant à sensibiliser les publics et les scolaires aux bons usages à adopter dans l’espace public. Les actions de sensibilisation portent notamment sur les angles morts des véhicules de gros gabarit.

Par ailleurs, plusieurs opérations pédagogiques ont été menées par les agents de la DPSP portant notamment sur le respect des sas vélos, qu’il conviendrait d’ailleurs de renommer "sas piétons-vélos", car ils ont pour fonction de créer une zone de sécurité supplémentaire avant les passages piétons.

A ce sujet, il n’est pas normal que, dans notre ville et dans notre pays, un piéton engagé ou qui s’engage sur un passage piéton doive systématiquement laisser la place à des véhicules qui ne respectent pas la priorité des piétons. Les comportements doivent absolument changer en la matière.

Voulons-nous une ville fondée sur une organisation centrée sur les modes motorisés ou bien une ville qui rééquilibre les différents modes de déplacement et qui fait plus de place aux modes actifs, notamment la marche ?

Vous avez évoqué la question de l’expérimentation de la dépose de certains feux tricolores, mais l’engagement de la Ville s’exprime à travers beaucoup d’autres mesures, comme la politique générale d’apaisement de la circulation que nous poursuivons avec résolution depuis 2014. Cela va dans le sens de la généralisation des zones 30, de la création d’aires piétonnes, de zones de rencontre, l’adoption de la stratégie "Paris piétons", l’adoption du Plan Vélo, la création de nouvelles pistes cyclables protégées et séparées sur les grands axes de circulation, la généralisation des sas piétons vélos et leur respect, ou encore le développement et le déploiement des cédez-le-passage cyclistes aux feux. Cela constitue autant d’aménagements qui concourent à la sécurité de tous les usagers.

Par ailleurs, le stationnement aux abords des passages piétons est aussi neutralisé de manière à accroître la visibilité des traversées. Dans le cadre du débat qui va s’ouvrir au Parlement sur la loi d’orientation des mobilités, il sera nécessaire, là aussi, de trouver les bons outils de régulation pour répondre au développement de nouvelles mobilités, notamment de celles dites en flotte libre, en particulier celle des trottinettes électriques en libre-service.

Nous allons, je l’espère, compter aussi sur votre soutien. En la matière, en tant que parlementaires, nous avons la nécessité d’intégrer plusieurs dispositions nouvelles en termes de sécurité routière.

Je voudrais terminer par un exemple particulièrement important qui est celui de la prescription obligatoire d’équipements de détection des angles morts pour les véhicules lourds qui sont aujourd’hui la cause principale des accidents mortels pour les cyclistes à Paris. Heureusement, le nombre d’accidents n’est pas élevé mais nous devons malgré tout faire disparaître cette menace des rues de Paris.

Nous menons donc une action résolue et coordonnée avec la Préfecture de police pour répondre aux enjeux de sécurité routière qui appellent une mobilisation et un engagement de tous.

Laisser un commentaire