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Paris dispose des meilleurs pompiers du monde pour le coût le plus faible du monde

Intervention de Pascal Julien relative au budget 2016 de la Préfecture de Police

 

Madame la Maire, Monsieur le Préfet,

Bonne nouvelle, le budget de la Préfecture de Police ne baisse pas ! Après un cru 2015 marqué par ses - 2 %, le cru 2016 se révèle moins astringent grâce à ses + 0,9 % , et c’est pourquoi nous voterons pour.

Cet heureux changement de cap doit beaucoup à l’action des écologistes lors du vote budgétaire de l’an dernier. En effet, dans le cadre de la commission consultative de gestion de la BSPP de décembre 2014 , en ne votant pas le budget, nous avions clairement annoncé l’éventualité d’un vote contre au Conseil de Paris si davantage de moyens financiers n’étaient pas accordés aux pompiers pour leur permettre de préserver leur capacité opérationnelle. L’adoption de nos vœux et amendements budgétaires montrèrent que le message des écologistes avait été compris, nous avions donc approuvé le budget 2014, et sans regret puisque la tendance baissière est aujourd’hui inversée. Oui, les écologistes avaient voté pour le budget de la Préfecture de Police contrairement à la droite qui, elle, se complaisant dans une vision idéologique et catastrophiste de la réalité, avait refusé de l’approuver.

Et je me tourne aujourd’hui vers cette droite-là: avez-vous constaté des insuffisances dans l’action de la BSPP dont vous n’aviez pas voulu adopter le budget ? Avez-vous entendu les pompiers se plaindre d’un manque de moyens opérationnels pour intervenir lors des attentats du 13 novembre ? Personne n’a eu à déplorer une insuffisance du service pompier en 2015  pour cause d’insuffisance de moyens, personne ! Comme nous et la population, vous admirez leur courage et leur professionnalisme. Alors j’espère bien que, comme nous, vous voterez un budget qui leur donne les moyens d’assurer leurs missions, y compris dans des circonstances aussi rares et exceptionnelles que celles de novembre dernier.

Cela dit, Madame la Maire, je n’explose pas de joie pour une hausse de 0,9 % qui, compensant juste l’inflation, permet de préserver l’existant sans pour autant offrir davantage ni en fonctionnement ni en investissement. Si 0,9 % est acceptable pour 2016, il n’en sera pas de même pour 2017.

En effet, les besoins de la BSPP sont condamnés à croître pour au moins trois raisons :

  • Sous l’effet du vieillissement et de la précarisation, le nombre de situation en détresse et d’urgence augmente, et donc le nombre d’appels aux pompiers aussi.
  • Au plan démographique, les quatre départements couverts par la BSPP vont gagner au moins 600 mille habitants supplémentaires d’ici 2030
  • De grands chantiers en cours se traduiront par un fort accroissement du nombre d’équipements à protéger, tel le Grand Paris Express et ses dizaines de nouvelles stations

Dans le cadre d’un budget contraint à cause de la politique gouvernementale, des efforts de productivité ont été demandé à la BSPP. Celle-ci y a déjà beaucoup répondu. Le nouveau système de traitement des appels reçus sur le 112 et le 18 réduit le nombre de départs inutiles d’équipages ; la modulation de la capacité opérationnelle évite de garder inutilement en réserve des forces dans les casernes les semaines où l’on sait de manière statistiques que les appels aux pompiers sont peu nombreux ; des économies ont été réalisées sur le chauffage, l’habillement, la pharmacie ; le stock stratégique de gasoil est passé de trois à un mois ; et j’en passe.

Par ailleurs, le temps de travail des sapeurs-pompiers accroît démesurément. N’abuse-t-on pas  de ces hommes que le statut militaire rend corvéable à merci ? Ils travaillent  944 heures de plus que les pompiers professionnels de la grande couronne qui, eux, et c’est tant mieux, disposent du droit syndical et de grève ! Par année, 94 gardes de 24 h pour les uns, 125 pour les autres…

Paris dispose des meilleurs pompiers du monde pour le coût le plus faible du monde, et j’affirme que le courage de la BSPP ne réside pas que dans l’action, il se révèle aussi dans la gestion.

Alors disons le tout net : la hausse de la productivité ne suffira plus à financer les besoins de la BSPP, il faudra très vite consentir une augmentation des crédits à un niveau supérieur à l’inflation.

Le 1er juillet dernier, en réponse à un amendement de mon groupe, un vœu de l’exécutif adopté à l’unanimité de notre Conseil demandait que la Préfecture présente avant la fin de l’année 2015, un plan d’action pour que la BSPP prenne sa part dans la lutte contre la pollution et le réchauffement climatique, en améliorant son parc automobile et bâtimentaire. Qu’en est-il ? Pourquoi l’échéance n’a-t-elle pas été respectée ? Pourquoi la volonté politique d’aboutir sur ce point a-t-elle fait défaut ?

Une partie des questions soulevées sur la BSPP valent aussi pour l’autre versant du budget de la Préfecture, celui qui finance une diversité de missions dont la circulation, le stationnement, l’hygiène, la sécurité préventive, ou encore la sécurité des bâtiments, les autopsies, la délivrance des titres de séjour et d’identité. Ces services publics se dégraderont si, dans un contexte d’accroissement des besoins, on se contente de leur chanter la petite musique libérale : « sois inventif, sois innovant, adapte-toi » sans jamais songer à leur réévaluer les crédits.

Enfin, mon groupe dépose un vœu pour qu’une aide financière à la personne soit accordée par la Ville aux parisiennes et parisiens désireux de suivre une formation au secourisme. Les attentats de novembre ont rappelé de manière extraordinairement spectaculaire l’utilité des gestes aux premiers secours prodigués par des citoyens, cela en toutes circonstances, domestiques, accidents de la route, sportives, etc. Nous y voyons-là une matérialisation de la solidarité humaine, et pas uniquement nationale, qui mérite nos encouragements.

Je vous remercie.

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