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Lycée Arago

 

Question d'actualité posée par Pascal Julien au Préfet de Police relative aux violences policières ayant eu lieu au Lycée Arago

 

Monsieur le Préfet de police, à la suite de la manifestation du 22 mai, une bonne centaine de lycéens et manifestants sont entrés dans le lycée Arago, accompagnés par des journalistes, pour y débattre en assemblée générale. Quelques instants plus tard, les forces de police intervenaient pour les déloger au nom de l'illégalité de l'intrusion.

De multiples témoignages dont des vidéos tournées par les journalistes présents sur place attestent de l'action disproportionnée des forces de l'ordre à l'égard d'élèves pour la plupart mineurs, confrontés pour la première fois de leur vie aux forces de l'ordre. La suite est connue et a été relatée publiquement : élèves non autorisés à prévenir leurs parents, police manquant d'informer ces derniers de la situation. Comprenez-vous la grande inquiétude des parents restés ainsi des heures sans nouvelles de leurs enfants ?

La procédure de gardes à vue, dont certaines ont eu lieu même à Nogent, semble avoir été menée dans des conditions juridiques assez floues au point que le Défenseur des droits a été saisi. Monsieur le préfet de police, pour quel motif ces modalités ont-elles été mises en œuvre de manière aussi violente ?

Rétention pendant plusieurs heures de mineurs parqués dans des cars de police, mineurs privés d'eau, de nourriture et d'accès aux toilettes, mineurs à qui l'on demande de se mettre à nu, mineurs non déférés à temps devant un officier de police judiciaire, mineurs jetés dans une cellule de dégrisement crasseuse de vomi et d'urine.

Que quelques portes aient été fracturées dont au moins une par la police si l'on en croit une vidéo, des murs tagués et des tablettes volées sont des faits connus après coup et ne justifient en aucun cas la réaction disproportionnée de la police à l'égard de ces jeunes. Que sur les 102 interpellations effectuées 27 aient été déférées, aboutissant à 14 mises en examen et 13 rappels à la loi montre que le parquet veut peut-être, lui aussi, faire un exemple par une répression abusive dont le seul but est de décourager à l'avenir toute occupation de lycées par les lycéens alors que ce type d'action jalonne l'histoire lycéenne chaque fois qu'il s'agit de protester contre une décision gouvernementale considérée comme particulièrement grave par les lycéens et leurs familles.

Cette volonté de décourager les gens à manifester se lit par ailleurs dans les propos du ministre de l’Intérieur affirmant, contre la loi et la jurisprudence, que c'est aux manifestants eux-mêmes d'empêcher les casseurs de casser vitrines et autres mobiliers urbains. Le premier flic de France serait-il devenu le premier hic de la démocratie ?

Monsieur le préfet de police, admettez-vous que dans cette affaire du lycée Arago, l'action des forces de l'ordre fut entachée de quelques excès, dysfonctionnements et manquements au respect de la procédure ? Avez-vous engagé des procédures internes éventuellement en vue de sanctions ?
Enfin, Monsieur le Préfet, confirmez-vous la véracité de déclarations de syndicalistes policiers affirmant qu’il s’agissait bien de faire un exemple, décision prise au sommet de l’Etat et dont vous n’avez fait qu’exécuter les ordres ?

Votre réponse éclairera les deux vœux à venir dans l’ordre du jour.

Je vous remercie.

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