Accueil Conseil de Paris Conseil de septembre 2017 Vélib’2

Vélib’2

Réponse de Christophe Najdovski aux interventions relatives à Vélib'2

 

Merci, Monsieur le Maire.

Vélib’ franchit le seuil de la Métropole, et vous savez que ce service, qui était un service essentiellement parisien, devient désormais un service métropolitain. La création du syndicat "Autolib’ Vélib’ Métropole" et la fusion avec Autolib’ attestent aussi de la volonté partagée désormais par plus de 60 communes de développer ce service à l’échelle métropolitaine, là ou auparavant, seules une trentaine de communes étaient concernées par le Vélib’ première génération. Le doublement du nombre de communes concernées montre donc à quel point cette métropolisation est en cours.

Et je dirai que ce n’est pas Paris qui a décidé de confier la gestion à un syndicat, au syndicat "Vélib’ Autolib’ Métropole", présidé jusqu’à présent par ma collègue et voisine Marie-Pierre de LA GONTRIE - et je tiens à remercier son travail, ainsi que le travail mené par les équipes du syndicat -, c’est réellement une construction métropolitaine. Ce n’est pas Paris qui délègue la gestion de Vélib’ ou d’Autolib’ à la Métropole, c’est réellement une construction métropolitaine dans laquelle, ensemble, avec les communes de la Métropole, nous bâtissons et définissons un service en commun.

Je rappellerai que, pour ce qui est de notre assemblée, deux réunions d’information, de dialogue et de débat se sont tenues avant l’été : d’abord, une réunion de la 3e Commission, qui était ouverte à tous les élus du Conseil de Paris, où la directrice générale d’"Autolib’ Vélib’ Métropole" était venue justement présenter les évolutions de Vélib’, et tous les élus Conseillers de Paris pouvaient venir à cette réunion.

J’ai par ailleurs réuni avant l’été les 20 mairies d’arrondissement pour présenter également le dispositif. On ne peut donc pas dire que le débat ait été confisqué ; au contraire, nous avons très largement concerté, avec les élus du Conseil de Paris et avec les mairies d’arrondissement, pour la définition du nouveau Vélib’.

Alors, bien évidemment, il y a une période de transition, qui va démarrer très prochainement, dès le 1er octobre, et qui va durer six mois. Cette transition est un enjeu majeur, puisqu’il va y avoir des chantiers importants. Cela a été rappelé par M. AZIÈRE, avec une tâche colossale, mais qui est inhérente aussi au marché et au fait que le précédent marché avait été attribué pour une durée de dix ans. Et donc, nous basculons sur un nouveau système, donc certes, il va y avoir des phases chantiers qui vont peut-être être délicates, et pour cela, nous allons lancer un site Internet. Le syndicat va lancer un site Internet intitulé "Vélib’ 2018.com", et il y aura donc, 15 jours avant chaque démarrage de chantier, des informations qui seront apposées dans l’espace public, mais aussi sur ce site, que chacun pourra consulter pour voir quelles seront les stations en chantier.

Je rappelle que l’essentiel des stations seront en réalité replacées au même endroit. Nous aurons un service qui gardera un minimum de 50 % de stations opérationnelles au 1er janvier, et nous pourrons donc basculer vers le nouveau système ; et le Vélib’ deuxième génération à partir du 1er janvier, avec une offre de vélos qui restera au minimum de 50 % de l’offre nominale actuelle.

Pour répondre aux amendements qui ont été déposés par les différents groupes, pour ce qui est de l’amendement du groupe Communiste - Front de Gauche concernant le personnel, je rappelle que le Conseil de Paris a déjà adopté un vœu en juin, précisant que les représentants de la Mairie de Paris au sein du syndicat "Autolib’ Vélib’ Métropole" soutiennent une position favorable à ce que les salariés rejoignent le mouvement "Smoovengo". Nous avons donc travaillé effectivement, depuis ces derniers temps, à ce qu’il y ait la reprise de la totalité des personnes qui était auparavant employées par JCDecaux.

Les discussions sont en cours et il est clair que nous avons mis comme barrière, si je puis dire, et comme exigence minimale, le fait de pouvoir reprendre non seulement les conditions salariales similaires à celles que nous avons actuellement, mais aussi la question de l’ancienneté.

Vous avez vu par ailleurs que le groupement "Smoovengo" a communiqué cette semaine pour annoncer qu’il ouvre les candidatures pour embaucher le personnel en charge de la gestion du nouveau Vélib’. Les candidatures des salariés de "Cyclocity", qui est l’opérateur actuel, sont étudiées en priorité, à conditions salariales équivalentes à celles qui leur sont offertes aujourd’hui. Et nous continuerons bien évidemment à être vigilants sur la reprise du personnel.

Pour ce qui est de l’évolution du tarif, il faut rappeler que nous avons changé de modèle de financement. Vélib’ n’est plus une prestation adossée au marché du mobilier urbain publicitaire, et donc, ce changement de modèle, qui est inévitable et nécessaire, vu la métropolisation de Vélib’, implique de chercher d’autres recettes pour financer ce service public.

Vous savez que ces recettes sont de trois ordres : c’est d’abord le financement par les collectivités et aujourd’hui, il est difficile de demander, notamment aux collectivités de la petite couronne ou de la grande couronne qui vont participer, puisque même la commune d’Argenteuil va participer, de participer financièrement dans le contexte que tout le monde connaît de réduction notamment des dotations de l’Etat, ou encore tout simplement des difficultés financières que connaissent les collectivités.

Le deuxième outil, c’est le financement par les usagers, et le troisième, c’est le fait d’aller rechercher des ressources externes, notamment par exemple via des opérations de "naming". Et donc, nous devons résoudre une équation avec ces trois variables que sont le financement par les collectivités… Et je tiens à remercier la Métropole du Grand Paris et son président Patrick OLLIER, qui a fait en sorte que les communes de la petite couronne qui participeront à Vélib’ aient, de la part de la Métropole, une aide financière de 10.000 euros par an et par station. Je rappelle que cette aide ne sera pas versée à la Ville de Paris et que nous faisons donc par ce geste une opération de péréquation et de solidarité financière avec les collectivités de la petite couronne, pour que celles-ci puissent avoir le service Vélib’. Et donc, nous prenons aussi sur notre budget et sur le budget de la Ville de Paris cette solidarité financière avec les autres collectivités.

Mais il nous faut aussi requestionner la participation des usagers. Le tarif de Vélib’, qui est de 29 euros par an, c’est-à-dire 2,4 euros par mois, n’a pas changé depuis dix ans. Et donc, il est nécessaire de requestionner cette tarification et aussi d’aller peut-être rechercher des ressources externes.

Et je peux vous dire que dans le débat que nous avons eu avec les collectivités de la Métropole, beaucoup de ces collectivités, et notamment, par exemple, je dirais même des collectivités dirigées par le Parti communiste, ont fait part aussi de la nécessité d’aller chercher des ressources externes autres que celles des collectivités ou des tarifs aux usagers pour financer le service Vélib’. Vous voyez donc que lorsque les collectivités sont confrontées à la recherche d’une équation financière, eh bien, elles recherchent de manière tout à fait pragmatique les différentes sources de financement.

Nous essayons donc de combiner ces trois sources de recettes en gardant en tête le fait que le succès de Vélib’ tient à son caractère bon marché, et nous souhaitons bien évidemment conserver cette tarification accessible.

Je terminerai en disant que cette évolution tarifaire n’est pas encore décidée, puisque c’est le prochain conseil syndical "Autolib’ Vélib’ Métropole" qui décidera au mois d’octobre de la définition des tarifs. Je comprends, bien évidemment, dans ce contexte, l’inquiétude qui est exprimée. Il est impératif, bien évidemment, que Vélib’ reste accessible à tous, y compris dans sa future version Vélib’ électrique. Nous tenons, bien évidemment, à ce que les tarifs sociaux soient reconduits comme ils existent aujourd’hui et nous veillerons à ce qu’une éventuelle hausse des tarifs soit acceptable. Voilà ce que je peux dire.

En réponse, Monsieur le Président, nous avons un certain nombre d’amendements de l’Exécutif qui répondent aux vœux qui ont été déposés. J’espère que ces amendements seront acceptés, et je crois que nous veillerons, tous ici ensemble, sur l’ensemble des bancs du Conseil de Paris, à ce que Vélib’ se déploie, à l’échelle métropolitaine, mais qu’il demeure bien évidemment un service public au service des Parisiens et des Franciliens.

Laisser un commentaire