Accueil Conseil de Paris Conseil de septembre 2017 Vœu relatif au soutien à la minorité Rohingya en Birmanie et au respect des valeurs de la Ville de Paris par sa citoyenne d’honneur Aung San Suu Kyi

Vœu relatif au soutien à la minorité Rohingya en Birmanie et au respect des valeurs de la Ville de Paris par sa citoyenne d’honneur Aung San Suu Kyi

Depuis le 25 août, plusieurs centaines de milliers de Rohingyas se sont réfugiés au Bangladesh fuyant les exactions de l’armée birmane. Le groupe des élu-es écologistes a demandé par un vœu que la Maire de Paris manifeste son soutien à la minorité Rohingya et demande à Aung San Suu Kyi de respecter les principes qui lui ont valu la citoyenneté d’honneur de la Ville de Paris.

Le vœu a été retiré au profit d’un vœu de l’exécutif

Vœu relatif au soutien à la minorité Rohingya en Birmanie et au respect des valeurs de la Ville de Paris par sa citoyenne d’honneur Aung San Suu Kyi

déposé par Jacques Boutault, David Belliard, Jérôme Gleizes, Anne Souyris
et les élu-es du Groupe écologiste de Paris (GEP)

Considérant la situation de détresse humanitaire de la minorité Rohingya dans la province birmane de Rakhine, victime d’exactions de la part de l’armée régulière, sans protection ni reconnaissance de droits et de citoyenneté par les autorités birmanes et contrainte à l’exil depuis plusieurs décennies,

Considérant que les représentant-es des Nations Unies sur place estiment que plusieurs centaines de milliers de Rohingyas se sont réfugié-es au Bangladesh et que plusieurs centaines ont été tué-es par l’armée birmane depuis le 25 août,

Considérant que c’est au nom « de la démocratie, de la liberté et de la dignité des êtres humains » qu’Aung San Suu Kyi a reçu en juin 2012 la citoyenneté d’honneur de la Ville de Paris,

Considérant qu’Aung San Suu Kyi a formé en recevant cette citoyenneté d’honneur le voeu que Paris poursuive avec elle « le voyage » devant conduire son pays à la paix et à la réconciliation,

Considérant le silence d’Aung San Suu Kyi face à la violence et aux persécutions exercées depuis plusieurs décennies par les autorités birmanes envers la minorité Rohingya,

Considérant la résolution adoptée au Parlement européen en juillet 2016 enjoignant Aung San Suu Kyi, cheffe du parti majoritaire au pouvoir depuis novembre 2015 en Birmanie, de « se servir de ses postes clés au sein du gouvernement » afin de « protéger les Rohingyas contre toute forme de discrimination » pour « mettre un terme à l'impunité pour les violations commises à l'encontre de cette minorité (…) l'une des plus persécutées de la planète »,

Considérant la lettre ouverte adressée le 29 décembre 2016 aux Nations Unies par 11 lauréat-es du prix Nobel de la Paix demandant à Aung San Suu Kyi de prendre position contre la politique d’oppression et de déportation des Rohingyas et de faire la lumière sur les présomptions de crimes contre l’humanité commis par l’armée birmane,

Considérant que la voix d’Aung San Suu Kyi est d’une importance considérable dans son pays et dans le monde,

Considérant que la mission confiée en août 2016 par Aung San Suu Kyi à Kofi Annan afin de « trouver des solutions durables aux problèmes complexes et délicats dans la province de Rakhine » a rendu un rapport le 24 août dernier préconisant la révision de la loi d’octobre 1982 sur la citoyenneté afin « d’abolir les distinctions » existantes,

Considérant que la mobilisation internationale peut jouer un rôle dans l’apaisement des tensions,

Considérant que les élu-es écologistes au Conseil de Paris ont été à l’origine de l’attribution de la citoyenneté d’honneur de notre ville à Aung San Suu Kyi, pour soutenir le rétablissement de la démocratie et la paix en Birmanie,

Aussi, sur proposition de Jacques Boutault, David Belliard, Jérôme Gleizes, Anne Souyris et des élu-es du Groupe écologiste de Paris (GEP), le Conseil de Paris émet le vœu que la Maire de Paris manifeste publiquement son soutien à la minorité Rohingya et demande à Aung San Suu Kyi de respecter des principes qui lui ont valu la citoyenneté d’honneur de la Ville de Paris pour que cessent en Birmanie la politique d’humiliation et de déportation de cette minorité ainsi que les exactions commises envers elle, et que le gouvernement birman mette en oeuvre les recommandations de la commission Annan.