Accueil Conseil de Paris Conseil de juillet 2017 Un numéro d’enregistrement pour les plateformes de locations touristiques

Un numéro d’enregistrement pour les plateformes de locations touristiques

Intervention de Galla Bridier relative au décret permettant aux villes de mettre en place un numéro d'enregistrement pour les plateformes de locations touristiques

 

 

Mes chers collègues, vous le savez depuis l’explosion des plateformes de locations de meublés touristiques sur le territoire parisien, et notamment la plus connue "Airbnb", notre groupe s’inquiète de l’ampleur prise par ce phénomène et ses dérives.

Il faut le remettre en perspective avec la situation générale du logement à Paris, où la pénurie de logements est toujours aussi intense, et dans laquelle la spéculation immobilière continue de sévir, comme on le voit encore ces dernières semaines qui ont vu les prix de l’immobilier exploser avec une hausse de 7,7 % en une seule année, selon les notaires.

Pour ces raisons, nous nous sommes réjouis de la publication du décret permettant aux villes de mettre en place un numéro d’enregistrement. Nous l’attendions depuis de longs mois. Nous nous félicitons de la réaction très rapide de la Ville en mettant à l’ordre du jour cette délibération, afin qu’à Paris nous puissions enfin avancer.

Car nous sommes en retard, de nombreuses villes ont déjà pris des mesures plus efficaces que celles que nous avons en France pour protéger leurs habitants de la dérive d’"Airbnb" et d’autres plateformes. Los Angeles, Berlin, Barcelone, Madrid et Bruxelles ont déjà mis en place des systèmes d’enregistrement. San Francisco, Amsterdam, Londres ont réduit le nombre de nuitées autorisées à la location fixée entre 60 et 90 jours en moyenne.

Plusieurs villes dans le monde interdisent purement et simplement la location d’appartements entiers en dehors de conditions très strictes. À New York, par exemple, une location de ce type est autorisée seulement si la location est supérieure à 30 jours ou si le propriétaire est présent dans son appartement pendant toute la durée du séjour du locataire. A Santa Monica, c'est une interdiction sèche.

Malgré son statut de première destination mondiale d'"Airbnb" avec plus de 60.000 chambres et logements mis en location et 120 nuitées autorisées par an, nous espérons que Paris pourra aller plus loin dans la régulation de ce marché de la location touristique. Nous vivons cette délibération comme un premier pas qui devra être renforcé par d'autres mesures, qui elles-mêmes pourront être permises par des évolutions législatives.

Il est, par exemple, essentiel que notre ville puisse abaisser le nombre de jours autorisés pour les locations de meublés touristiques. Le cadre législatif français qui préexistait à la création d'"Airbnb" est encore obsolète face aux enjeux nouveaux que ces plateformes nous posent.

Nous attendons donc de la Maire de Paris qu'elle use de toute son influence auprès du Gouvernement pour permettre à ce que Paris puisse s'adapter à ce que font les métropoles des autres pays en abaissant, par exemple, à 60 jours par an le nombre de jours autorisés.

C'est pourquoi notre groupe continuera de porter une position plus ambitieuse que ce qui est pour l'instant envisagé et en place. Nous continuerons au budget, et nous le demanderons d'ailleurs au prochain budget primitif, à demander des renforts pour opérer les contrôles car le cadre réglementaire commence à s'adapter, mais le problème reste de contrôler son application.

Nous voterons donc cette délibération et continuerons à nous mobiliser sur le sujet.

Je vous remercie.

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