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Accueil des réfugié-es : Gérard Collomb, des propos aux frontières de la loi

Ce matin, à l’occasion d’une visite à Calais pour faire le point sur la crise des réfugié-es, Gérard Collomb, Ministre de l’Intérieur, a tenu des propos à mille lieux de la position présidentielle d’Emmanuel Macron, dont la proximité avec celle du Front National fait froid dans le dos.

 

En refusant la création d’un centre humanitaire à Calais sous couvert d’un soi-disant “appel d’air” alors que plus de 600 personnes vivent actuellement dans la rue, le Ministre de l’Intérieur nie la réalité des faits”, s’insurge Anne Souyris, co-présidente du groupe écologiste de Paris. “Les réfugié-es fuient la guerre et le terrorisme, centre d’accueil ou pas, ils continuront à fuir. C’est une question de survie pour des centaines de milliers de personnes en France, de solidarité et de responsabilité minimales  pour ses gouvernant-es".

 

La France doit mettre en place un accueil digne, réparti sur le territoire et non pas empêcher ces populations de traverser la frontière franco-italienne comme l’a sous-entendu ce matin M. Collomb. Les accords internationaux, comme la convention de Genève de 1951 relative au statut des réfugié-es engagent la France, le gouvernement a l'obligation de les respecter. La France, pays des droits de l’homme, se doit d’être à la hauteur.

 

Il y a quelques jours encore, le Défenseur des Droits appelait à la mise en place de lieux de répit pour les réfugié-es ainsi qu’à des accès pour permettre le dépôt d’une demande d’asile. Le gouvernement doit immédiatement cesser de bafouer le droit, rendant encore plus précaire la situation des demandeurs d’asile.

 

Depuis plus de deux ans, partout sur le territoire, les associations pallient l'insuffisance de l’Etat. Nous avons passé un cap : aujourd'hui, un Ministre de la République insulte littéralement leur travail en leur demandant d'utiliser leur savoir-faire ailleurs…

 

A Calais comme à Paris, la situation se dégrade et, selon les services sociaux eux-même, va encore empirer durant l’été. Pour les riverain-es et les réfugié-es, le gouvernement ne peut pas se contenter de répondre par la répression”, explique David Belliard, co-président des élu-es écologistes de Paris. “Faisons preuve d’humanité, ouvrons en urgence des lieux d’accueil digne sur le territoire”.

 

Pour les élu-es écologistes, il n’y a qu’une façon de gérer cette crise, la solidarité et la responsabilité doivent être les maître-mots à tous les échelons politiques : entre communes au niveau de la métropole du Grand Paris, entre régions au niveau national et entre états-membres au niveau européen. Nous demandons :

  • au niveau européen : supprimer le règlement de Dublin et mettre en place une politique européenne équitable où chaque Etat-membre accueille les demandeurs d’asile de manière planifiée et concertée.
  • au niveau de l’État : assurer la fluidité du parcours des demandeurs d’asile et financer suffisamment de places d’hébergement pour permettre la fluidité du dispositif d’accueil.
  • au niveau local : instaurer une solidarité entre collectivités en ouvrant dans chaque grande métropole régionale des centres de premier accueil comme celui de la porte de La Chapelle et en mettant à disposition des locaux pour essaimer de petits centres d'hébergement à taille humaine.

 

Anne Souyris et David Belliard, co-président-es du groupe écologiste de Paris

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