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Lettre ouverte à Nicolas Hulot

Madame Anne Souyris,
Co-présidente du Groupe écologiste de Paris

 Monsieur David Belliard,
Co-président du Groupe écologiste de Paris 

Madame Célia Blauel,
Adjointe à la maire de Paris chargée de l’environnement, de l’eau et du climat

 

Monsieur Nicolas Hulot
Ministre de la Transition écologique et solidaire
Grande Arche de la Défense
92 055 La Défense Cedex

 

 

Monsieur le Ministre,

 

Votre nomination récente en tant que ministre d’État au gouvernement a suscité autant de questions et d’interrogations qu’elle apparaît comme une bonne surprise pour l’écologie politique.

 

Nous connaissons votre engagement sans faille pour les causes environnementales, au premier du rang desquelles la lutte contre le dérèglement climatique. Nous savons votre détermination et votre sincérité dans ces combats qui sont aussi les nôtres. Nous sommes aujourd’hui plus que jamais déterminés à voir se former des coalitions d’acteurs pour relever ces défis environnementaux, sociaux et sociétaux.

 

C’est ce à quoi nous nous employons avec énergie dans le cadre de nos mandats d’élu-es parisiens au sein de la majorité municipale. Depuis 2014, sous l’impulsion des élu-es du groupe écologiste de Paris, notre municipalité poursuit une politique très volontariste dans le domaine de la transition écologique.

 

Agir maintenant pour améliorer le quotidien des Parisiennes et des Parisiens dans tous les domaines du quotidien tout en nous projetant dans une logique de long terme, de préservation de notre planète et de nos ressources naturelles, tel est le moteur de notre action. Depuis trois ans, nous avons conduits des projets majeurs, que ce soit en matière de lutte contre la pollution de l’air, de promotion des nouvelles mobilités, de massification des projets de rénovation thermique, de promotion pour une alimentation et une agriculture biologique et locale ou encore de politiques sociales et de solidarité de grande ampleur. La COP 21, pour laquelle vous avez été l’un des artisans, a évidemment été aussi un moment fort de notre mobilisation. La Ville de Paris a pris pleinement sa part à ce moment historique, en mettant en lumière l’incroyable mobilisation et capacité à agir des collectivités territoriales et des grandes métropoles sur ces défis du 21ème siècle.

 

Mais nous souhaitons aller encore plus loin. Nous inscrivons notre mandat au service des Parisien-nes, dans une volonté de poursuivre ces transformations majeures et nécessaires. Ainsi depuis plusieurs mois maintenant, notre Ville travaille à écrire une nouvelle page des politiques Climat dans le cadre de la refonte de son Plan Climat Air Énergie. Notre objectif: faire de Paris une ville neutre en carbone et 100% énergies renouvelables à l’horizon 2050. Notre ambition est forte. Paris fera la démonstration qu’un monde à 1.5 degrés est possible !

 

Il est cependant évident, que pour poursuivre la mise en œuvre de politiques publiques en faveur d’une transition écologique des territoires, l’engagement de l’État auprès des collectivités est indispensable. Les propositions et annonces faites pendant la campagne électorale soulèvent des inquiétudes : baisse des dotations aux collectivités locales, suppression de la taxe d’habitation, qui permet aux collectivités de se financer, ou encore suppression de 120 000 postes de fonctionnaire. Soient autant d’annonces qui augurent d’une baisse des marges de manœuvres des collectivités et risquent d’étouffer dans l’œuf les innovations et les initiatives dont elles sont les fers de lance.

 

Aussi Monsieur le Ministre, nous avons besoin aujourd’hui de garanties de votre part :

 

D’abord sur les moyens alloués aux collectivités. Ces dernières mènent des actions primordiales au niveau local en faveur de la lutte contre le dérèglement climatique et de la lutte contre les pollutions. Pour agir pour le développement des énergies renouvelables, contre la précarité énergétique, ou encore pour une meilleure alimentation pour tous, il nous faut des moyens.

 

Ensuite, sur la fiscalité écologique. Aujourd’hui, les émetteurs de polluants sont insuffisamment taxés. Pour encourager les comportements vertueux et permettre le financement de la transition écologique sur les territoires, nous devons mettre en place une fiscalité écologique, comme la contribution climat-énergie, et mettre fin aux avantages fiscaux d'une autre époque qui favorisent les déplacements en véhicule individuel. Cette contribution, facile à mettre en place (nous possédons encore les dispositifs techniques permettant sa mise en œuvre rapide) est un point central. Nous en avons besoin pour continuer d’avancer.

 

Enfin, sur la fin du diesel. Les pollutions de l’air tuent chaque année des dizaines de milliers de personnes, particulièrement dans les métropoles. Nous ne pouvons plus continuer ainsi. Vous avez dit vouloir faire de la santé environnementale une de vos priorités. Nous comptons donc sur vous pour aider les collectivités et les entreprises à développer les mobilités non polluantes. Et, contre les lobbies, il vous faudra porter un horizon de « 0 diesel » d’ici 10 ans, pour qu’enfin, nous puissions mieux respirer.

 

Il y a quelques années, vous aviez soufflé à l’oreille d’un Président de la République cette phrase qui avait marqué les esprits: « Notre maison brûle et nous regardons ailleurs ». Aujourd’hui que vous avez en main de lourdes responsabilités, Monsieur le Ministre, vous pouvez agir concrètement pour empêcher notre maison de brûler. Nous avons besoin de vous à nos côtés !

 

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