Lutter contre le bruit pour améliorer la santé des Parisiennes et des Parisiens
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Intervention d’Yves Contassot relative au Plan de prévention du bruit dans l’environnement (PPBE)

 

Madame la Maire, mes chers collègues,

 

Cette délibération est extrêmement importante pour l’amélioration de la santé des parisiennes et des parisiens. En effet, quelques chiffres de contexte qui nous montre l’importance de lutter contre le bruit dans notre ville. Cela a été dit, en Europe, selon l’Agence européenne de l’environnement, les nuisances sonores sont à l’origine de plus de 10 000 décès prématurés par an.

 

Quelque 6 700 victimes du bruit ambiant succomberaient à des crises cardiaques et 3 300 à des accidents vasculaires cérébraux. 82 % des français se disent préoccupés par des questions relatives au bruit  d’après une enquête publiée par l’IFOP en 2014. A Paris, pas un des vingt arrondissements n’est épargné.

 

Les habitants y subissent des nuisances sonores, généralement le long des axes routiers les plus empruntés, et tout particulièrement aux abords du périphérique. 112 écoles, 11 crèches, 20 établissements de santé sont également touchés. Il s’agit bien d’un enjeu de santé publique majeure, et le plan de prévention du bruit qui nous est soumis aujourd’hui y apporte des solutions.

 

Ce plan donne 3 objectifs à notre sens essentiels : « évaluer, sensibiliser, agir ».

 

EVALUER tout d’abord donc. Les cartes du bruit existantes seront affinées afin d’améliorer la connaissance de l’origine et de l’ampleur des nuisances sonores.

 

Pour cela les études de report de trafic ainsi que les études d’impact des projets municipaux seront multipliées. Le réseau de mesure du bruit routier va notamment passer de six à huit stations et une campagne de mesure des émissions sonores des deux-roues motorisés sera lancée.

Autre mesure importante, une enquête globale de ressenti de l’environnement sonore sera réalisée tous les deux ans afin d’évaluer l’efficacité de ce plan de lutte contre le bruit. Cela nous semble une avancée importante, qui considère les nuisances sonores comme un véritable facteur de dégradation de la qualité de vie.

SENSIBILISER ensuite. Individus, collectivités et entreprises, nous sommes à la fois toutes et tous concernés par la qualité de notre environnement sonore et toutes et tous acteurs d’un espace publique apaisé. La sensibilisation au bruit doit donc d’adresser à tous les publics.

La ville de Paris lancera une campagne de communication auprès des conducteurs pour agir sur les comportements bruyants : accélérations intempestives, usage abusif du klaxon, débridage des motos, et diffusera des messages d’information aux usagers du Périphérique sur l’impact sonore de la vitesse la nuit. Cette prévention constitue une mesure sanitaire mais aussi d’incitation à plus de civisme et de respect de l’autre dans l’usage des véhicules individuels.

En outre, entre autres mesures, la ville de Paris sensibilisera les conducteurs des véhicules d’urgence à l’utilisation la plus modérée possible de leur avertisseur sonore et poursuivra le développement du Label Certibruit  pour des livraisons silencieuses.

On le voit bien ici, la sensibilisation à un usage apaisé de véhicules pour limiter le bruit dans notre environnement est un travail de longue haleine, qui nécessite d’agir partout où cela est possible.

AGIR enfin – et surtout !

L’évaluation et la sensibilisation doivent en effet nécessairement s’accompagner d’actions concrètes liées prioritairement aux projets urbains et au trafic routier.

La conception des aménagements prendra désormais en compte l’environnement sonore dès l’origine des projets. Ceci implique d’intégrer les objectifs de qualité de l’environnement sonore aux dispositions réglementaires du PLU en définissant des valeurs limites d’exposition au bruit contraignantes pour les nouveaux logements.

En outre, nous devons prendre en compte les exigences en termes de « paysage sonore » dans la poursuite du développement des éco-quartiers.

Enfin, le confort acoustique des nouveaux logements sociaux sera amélioré en rendant obligatoire l’option acoustique des certifications de qualité et en exigeant une attestation acoustique lors de la déclaration de fin de travaux.

Mais aussi d’améliorer le confort acoustique du parc de logement social ancien en intégrant la dimension acoustique dans les rénovations thermiques du Plan climat.

Plus généralement, les espaces info énergie de l’Agence Parisienne du Climat et les acteurs des OPAH et OPATH parisiennes apporteront des conseils en matière de compatibilité thermique / acoustique aux porteurs de projets de rénovation énergétique.

Ainsi, à titre d’exemple, a été mise en place une « prime fenêtre » de 100 euros, dans le cadre du dispositif ANAH sous condition de ressources. Ce dispositif, qui a existé en 2008 et 2009, a été ensuite arrêté faute de demandes suffisantes. Il pourrait être reconduit.

Enfin, l’aménagement de l’espace public, pour un environnement plus apaisé, est pris à bras le corps par ce plan. Nous ne pouvons que nous en réjouir, le trafic routier étant reconnu comme la cause principale de la dégradation de l’environnement sonore des parisiens.

La Ville agit afin de développer les alternatives aux modes de déplacements bruyants et polluants. Pour n’en citer que quelques uns, l’amélioration de l’offre de transports collectifs, le développement de modes actifs de déplacements, comme le vélo et la marché ou encore la réduction du trafic de poids lourds sur le périphérique, l’utilisation de revêtements de chaussée acoustique et d’enrobés phoniques nous semblent aller dans le bon sens.

Tout comme va dans le bon sens toutes les actions favorisant le partage des zones de tranquillités. Nous savons l’importance accordée par l’équipe municipale à la qualité des projets d’aménagements de notre ville.

En cohérence avec l’ensemble de ces actions, le groupe écologiste a déposé un amendement à ce plan de lutte contre le bruit afin qu’une étude soit lancée pour identifier des tronçons du périphérique mitoyens des zones d’habitation où une expérimentation de la limitation de la vitesse à 50 km/h de 22 h à 6 h.

Nous savons en effet que la limitation de la vitesse a des conséquences positives directes pour réduire les nuisances sonores et les émissions de polluants atmosphériques.

Ce plan est positif, et il constitue une première étape. Ce plan antibruit, ouvert à la consultation du public, peut encore être enrichi avant son adoption définitive en septembre prochain.

Nous invitons tous les Parisiennes et les Parisiens à faire connaitre leurs idées, leur avis, pour en améliorer le contenu.

 

Je vous remercie.

 

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